Je suis professeure dans un centre d'éducation des adultes dans les Laurentides.
Je suis fatiguée des structures, des réformes et des coupes.
J'ai en tête un merveilleux centre pour mes élèves raccrocheurs, où ils ne seront plus confinés, assis toute la journée, dans une classe au sous-sol de la polyvalente.
Je rêve d'un centre où ils habiteraient quatre jours par semaine. Les trois autres jours, l'endroit serait loué pour des formations.
Je le vois déjà ce centre avec ses deux dortoirs bien aménagés où chacun aurait son coin.
L'horaire structuré en alternance d'études, de travaux pratiques, de conférences, de sports, de visualisation positive, de loisirs, de participation aux tâches, etc. répondrait à leurs différents besoins.
Je le vois avec des chevaux et un jardin.
Chaque enseignant jumellerait deux, trois matières ou plus et chaque étudiant possèderait sa feuille de route.
Il y aurait de la place pour vivre l'enseignement et les gars et les filles qui quittent l'école présentement pour des raisons de violence ou pour ceux qui ne peuvent tout simplement pas rester en place dans une classe se reconnaîtraient dans ce milieu.
Il manque des alternatives pour ces élèves et pour des profs comme moi.
Un rêve possible, je le sais.
J'ai rêvé d'une école alternative pour ma fille, ça s'est concrétisé.
Il serait imaginable que ce centre prenne forme et qu'ainsi, plusieurs jeunes, qui comme moi ne peuvent plus vivre dans le cadre scolaire en place présentement, finissent leur secondaire et puissent avoir un meilleur avenir et contribuer à notre société.