C'est une quête inlassable d'identité, une blessure à guérir, une justice à rétablir. Oui, pour moi, et bien d'autres, savoir qui était la personne qui nous a donné la vie représente tout ça à la fois.
Naître en 1946 de parents non unis par les liens sacrés du mariage était inconcevable et inacceptable. Alors substituer une identité pour une autre, certainement meilleure, croyait-on, puisque légitime, représentait la solution par excellence. Pourtant, une adoption réussie et une vie productive n'effacent pas l'effet du mystère du début de ma vie.
Rien de significatif à signaler depuis lors puisque toutes les velléités de recherches, demandes ou retrouvailles rêvées m'ont ramenée à la case départ. Et si le changement à la Loi tant attendu cachait enfin ce OUI à une requête pourtant si naturelle. Je rêve, j'espère et je désire… une autre fois.
Elle est décédée depuis 1996, ma mère. Quel mal pourrais-je faire en connaissant d'abord son nom, où elle vivait, ce qu'elle a été? Rien de bien compliqué à trouver. Tout est là, dans un dossier pas très loin de chez moi, mais inaccessible, cadenassé. Au nom de quoi?
Des promesses du passé, du dérangement prétendu auprès de certains. « Vous êtes là avec une identité et une vie; ça devrait vous suffire. Passez à autre chose. » Et pourtant le besoin revient encore et encore, jamais satisfait jusqu'à aujourd'hui.
Pouvez-vous m'aider?