Pas de doute, les jolis comptoirs-épiceries que les restaurateurs ont aménagés à l’improviste pendant la pandémie sont là pour de bon. « C’est pourquoi j’ai acheté ce frigo », indique Erin Mahoney, chef propriétaire du restaurant Joon, qui a ouvert ses portes en septembre dernier dans la Petite Italie, boulevard Saint-Laurent.

Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

Derrière le réfrigérateur vitré typique d’une boucherie qui fait office de comptoir, on peut apercevoir une longue et magnifique banquette à motifs de tapis persan. Elle divise la salle à manger du Joon en deux, et on imagine immédiatement des gens qui y lèvent leur verre. Pourquoi Erin Mahoney a-t-elle choisi un local de la Petite Italie pour sa cuisine perse ? Parce que c’est sa maison ! « J’habite dans le quartier depuis sept ans et je suis à côté du marché Jean-Talon. »

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La chef propriétaire du Joon, Erin Mahoney, est appuyée par son mari et partenaire, Ilya Daftari, dans cette aventure.

Son ouverture était très attendue dans le domaine de la restauration montréalaise, mais le Joon n’a pu offrir le service aux tables que pendant une semaine « et deux jours », en octobre dernier. « Ma mère est venue manger pratiquement chaque soir », indique Ilya Daftari, mari et partenaire d’Erin Mahoney.

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Les plats prêts à manger du Joon connaissent un vif succès. Il suffit de les réchauffer dans l’eau bouillante 15 minutes.

Ce dernier est iranien d’origine et sa femme a grandi dans Notre-Dame-de-Grâce, à quelques pas du supermarché Akhavan. Deux facteurs — parmi tant d’autres — qui expliquent pourquoi Erin Mahoney rend hommage aux cuisines des régions du Caucase et de la mer Caspienne avec des plats qu’on retrouve à la fois en Arménie, dans le nord de l’Iran et en Géorgie, explique-t-elle. « Je fais des plats traditionnels avec ma touche à moi. »

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Pour tenir compte de la situation actuelle, un comptoir-épicerie a été aménagé à l’entrée du Joon.

Les plats prêts à manger du Joon connaissent un vif succès, tout comme les dimanches consacrés aux sandwichs chauds Sudjouk (avec pain et charcuterie maison), à emporter ou à manger sur le pouce, offerts jusqu’à épuisement des stocks. Il faut savoir qu’Erin Mahoney a travaillé longtemps au restaurant Saint-Urbain (avec le chef Marc-André Royal), mais aussi comme chef de cuisine de La Bête à pain, rue Fleury, ainsi que chez Impasto (Stefano Faita et Michele Forgione sont par ailleurs des associés du Joon).

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Quelques spécialités de la cuisine caucasienne, des conserves maison et des sablés à la farine de pois chiches et à la cardamome font partie de la sélection à emporter.

On a apprécié la formule à la fois simple, réconfortante et goûteuse des plats sous vide qu’on ne fait que réchauffer à l’eau bouillante pendant 15 minutes. Citons la cuisse de canard braisée (avec une sauce à la grenade et aux noix de Grenoble) et le plat d’agneau du Québec qui réinvente le classique iranien Ghormeh sabzi (avec une sauce d’herbes fraîches et de haricots à œil noir). En accompagnement, le menu du Joon propose notamment des lentilles braisées style « Adasi ». Pour un dessert léger, des sablés à la farine de pois chiches et à la cardamome… dont la recette doit toutefois rester secrète. « Cela m’a pris plusieurs années avant de la maîtriser. »

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La chef fait elle-même son pain, qui sert notamment à confectionner les sandwichs chauds Sudjouk.

Côté soif, la sélection de vins québécois est raffinée, mais nous avons arrêté notre choix sur un vin ambré géorgien du domaine Orgo (Teleda). Heureusement, on peut encore voyager par le vin !

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La salle du restaurant Joon, actuellement fermée, est divisée par une longue banquette à motif de tapis perse.

Joon est ouvert du jeudi au samedi de 16 h à 20 h et le dimanche, de 13 h à 18 h. Menu en ligne, commandes par courriel 24 heures à l’avance, cueillette sur place. Il est également possible de passer directement au restaurant pour s’approvisionner au comptoir.

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La sélection de vins compte autant des jus québécois que ce vin ambré géorgien, par exemple.

7130, boulevard Saint-Laurent, Montréal

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