Deux cuisinières aguerries lancent Superbon, une petite entreprise de sous-traitance qui vient au secours des restaurateurs en manque de temps, d’équipement et de main-d’œuvre.

Ève Dumas Ève Dumas
La Presse

Julie Richard a travaillé comme directrice de cuisine d’une chaîne de restaurants locale pendant huit ans. Julie Rondeau a passé neuf ans à occuper diverses fonctions chez Fou du cochon, après avoir trimé dans les cuisines des défunts restaurants La Montée de lait et Les Trois Petits Bouchons.

Les deux femmes sont fort appréciées du milieu de la restauration montréalais. La preuve ? Montréal Plaza, Foodchain et plusieurs autres établissements de qualité utilisent déjà leurs services.

Lorsque nous leur rendons visite dans leur cuisine temporaire, chez Antoine au quotidien (une entreprise de livraison de repas), Julie Rondeau est en train de brasser le cari végétarien du Foodchain dans une grande braisière, tandis que Julie Richard fait caraméliser des oignons pour un autre client. Bientôt, elles auront leurs propres locaux, dans Rosemont.

La sous-traitance, pour les restaurants, c’est souvent un secret honteux. Les gens n’en parlent pas. On a envie de changer l’image de la sous-traitance. C’est possible de faire de la qualité. Ça reste la recette du chef qu’on exécute, en utilisant les meilleurs ingrédients possibles.

Julie Rondeau

La valorisation à tout prix de l’artisan, du petit commerce indépendant et du fait maison, puis l’industrialisation de la production alimentaire, les dérives du travail à la chaîne et les scandales de contamination feraient partie des facteurs qui ont donné un mauvais nom à la sous-traitance, énumère Julie Richard.

« Mais on est loin d’en être là. Deux filles dans une cuisine, avec une employée ! Après, on verra. Si on grossit, on aura à s’écouter et à s’assurer qu’on est encore bien là-dedans. C’est la base même de l’entrepreneuriat », énonce Julie Rondeau.

De la sous-traitance à une échelle raisonnable. Voilà ce qu’elles offrent, pour l’instant. « Souvent, les volumes exigés par les grandes usines sont trop importants. Les restaurants auxquels on veut offrir nos services n’y ont même pas accès », explique Julie Richard.

Le tandem ne s’en cache pas : pouvoir travailler dans son domaine de prédilection, avec des horaires souples, de jour, faisait partie de l’attrait d’une entreprise comme Superbon. D’autres cuisiniers et cuisinières se laisseront peut-être aussi tenter par de telles conditions, croient les deux mamans.

Et ainsi, la petite entreprise pourrait grandir. « À terme, on aimerait aussi développer notre propre gamme de produits. Des recettes avec une liste d’ingrédients très courte et une traçabilité. On aimerait aussi que Superbon apparaisse dans les menus de nos clients. Que ce soit un gage de qualité pour les restaurateurs et qu’ils soient fiers d’utiliser nos produits », conclut Julie Rondeau.