Le site web du nouveau restaurant végétalien Hello 123 affiche de grandes promesses.

Marie-Claude Lortie Marie-Claude Lortie
La Presse

« Nous sommes un restaurant et bar offrant de la joyeuse nourriture à base végétale et des moments de bonheur, annonce-t-on. Venez manger, venez célébrer, venez vous assainir ! »

Qui n’a pas envie de ça ?

Installé au cœur du village Monkland à Notre-Dame-de-Grâce, le restaurant Hello 123 s’inscrit dans une des grandes tendances louables du moment. Tout est à base de plantes et les plats s’appellent Vert xxxxx ou Ton brocoli.

Cela ne veut pas dire que tout est volontairement ultra-digeste ou minimaliste.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Hello 123 est la première franchise d’une nouvelle-future chaîne démarrée à Toronto.

Si votre but est de manger peu et de vous sentir léger en sortant de table, un restaurant végétalien n’est pas automatiquement l’endroit où aller. Je suis toujours surprise de constater à quel point la nourriture végane peut être lourde ou suraillée ou surépicée. Peut-être parce qu’on a le réflexe de vouloir compenser la présence de simples légumes ou légumineuses. Ça ne devrait pas être nécessaire.

Chez Hello 123, première franchise d’une nouvelle-future chaîne démarrée à Toronto, les plats sont d’ailleurs très travaillés. Il y a des sauces, des épices, de nombreux ingrédients. On ne peut pas dire que ce soit de la nouvelle cuisine épurée où tout est fait pour mettre en valeur la délicatesse d’un seul produit.

Le fameux brocoli en entrée, par exemple, un soupçon trop cuit, est servi à la fois avec du dukka — un mélange d’épices et de graines moyen-oriental —, du tahini — beurre de sésame — et du chimichurri, une sauce sud-américaine qui réunit huile et vinaigre, ail et beaucoup d’herbes fraîches. C’est extrêmement savoureux, pas ennuyeux. Et on garde le goût longtemps en bouche.

La patate douce ? On la sert elle aussi avec du chimichurri, mais aussi beaucoup de roquette — qui apporte de la fraîcheur un peu poivrée —, de l’échalote, de la noix de coco, de la crème de noix d’acajou et du piment. 

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Le resto est nouveau, mais déjà bien populaire et répond clairement à un besoin dans le quartier.

Est-ce bon ?

Oui. C’est sympa comme un plat réconfortant où on mélange toutes sortes d’ingrédients qu’on aime bien et qu’on a sous la main. Mais est-ce précis ? Élégant ? Je vous laisse deviner.

Mon entrée préférée ? Les mini-hamburgers épicés à l’ananas effiloché. Je ne m’y attendais pas, mais c’était rigolo, juste assez sucré, avec de la salade de chou, des petits pains très moelleux, une sauce adobo — grosso modo paprika, origan, ail et vinaigre — et de l’aïoli pour ajouter à toutes ces saveurs. Ouf.

En théorie, ces plats sont des entrées, voire des « à-côtés » selon le menu, mais la vérité, c’est qu’ils sont ultra-copieux et on peut en commander deux chacun, disons, pour faire un repas à partager.

Mais nous avons quand même pris les plats principaux que sont les salades et bols.

Un « bap épicé », donc version végétale du bibimbap coréen, et un « tahini de chou-fleur ».

Nous n’avons pas été capables de finir ni l’un ni l’autre — trop de nourriture à deux —, et pour tout dire, je crois que nous étions un peu lasses du manque de contraste entre les textures et saturées de saveurs qui finissent par être dominées par l’ail et le piment.

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Dans le bap, il y avait du tofu grillé, du riz brun, du kimchi maison — le chou fermenté épicé qui est au cœur de la cuisine coréenne —, des champignons, du chou frisé, des carottes, des aubergines, des courgettes, du nori — les algues séchées qui entourent les sushis — et, pour couronner le tout, en à-côté, de la sauce gochujang, un condiment coréen ultra-épicé.

Du côté du chou-fleur aussi, la liste des ingrédients était longue : houmous de tournesol, quinoa, chou-fleur grillé, menthe, salsa au za’atar — mélange d’épices moyen-oriental à base de thym et acidulé au sumac —, carottes, chou, betteraves, grenade, sésame, oignons marinés… Et on sert tout cela avec du tahini, bien sûr, et encore et toujours la sauce chimichurri…

Tout cela finit par être sympa. Mais confus.

Pour le dessert, on a essayé la mousse au chocolat à base d’avocat qui était ultra-onctueuse et alléchante, mais finalement tellement sucrée qu’on n’a pas été capables de la finir à deux, tandis que le gâteau au faux fromage à base de noix de cajou et aux bleuets n’a pas su nous séduire.

Une des grandes erreurs de la cuisine végétarienne est d’essayer de copier la traditionnelle. Ce n’est pas nécessaire. Les ingrédients végétaux ont toutes les saveurs et la richesse nécessaires pour s’affirmer sans ça si on les dépose délicatement sur un piédestal.

Notre verdict

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On paie : Entrées entre 8 $ et 16 $. Plats entre 12,50 $ et 16 $.

On boit : La maison a une jolie carte des vins courte, mais soignée : vins naturels et bio le plus possible. Il y a aussi une carte de cocktails et de bières, dont certaines sans gluten.

On s’y sent : Jolie décoration moderne sans facétie. Terrasse toute simple, mais agréable. Dommage que le service soit lent et un peu perdu et qu’il ne réponde pas à la demande. Le resto est nouveau, mais déjà bien populaire et répond clairement à un besoin dans le quartier.

On aime : L’idée d’un resto végétalien qui cherche à être savoureux.

On aime moins : Le manque de précision de la cuisine (et le service débordé).

On y retourne ? Oui, probablement.

Hello 123. 5700, avenue de Monkland, Montréal. 514 483-1123. https://www.hello123forever.com