En ce soir de début du mois d’avril, il pleuvait, il neigeait, il ventait, séparément ou tout ça à la fois. Pourtant, à l’intérieur du Magnolia, nous avons senti, pour la première fois de la saison, le printemps bourgeonner.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Le décor est joli, sans trop en faire, et l’espace, animé et accueillant en ce vendredi soir. Le service est à l’avenant et décontracté. La carte annonce la belle saison, à des prix d’ami tels qu’on n’en avait pas vu depuis longtemps à Montréal. Bref, il y a plein de bonnes raisons pour passer faire un tour au Magnolia.

Ouvert sans tambour ni trompette dans les anciens ateliers Angus du quartier Rosemont l’automne dernier, le Magnolia est né de l’alliance du chef José Pierre Durand, derrière l’institution Poivre Noir à Trois-Rivières, et de restaurateurs chevronnés de la métropole, soit Charles Vaillancourt (Bar Suzanne, Le Bungalow, Taverne Saint-Sacrement), Olivier Campbell (Quai No 4) et Mathieu Boudrias (Grenade, MTL Cuisine).

Charles, qui était d’office le soir de notre passage, résume ainsi le parti pris de cette table : « On veut être le meilleur restaurant qualité-prix à Montréal. » À notre avis, c’est mission réussie, avec des entrées et plats naviguant de 8 $ à 19 $, dont plusieurs sont également offerts en menu sous vide à emporter. Des prix qui font du bien au portefeuille… et au moral !

Les bons légumes

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’espace du Magnolia respire, avec ses hauts plafonds et sa verdure. On s’installe sur des banquettes bleues deux tons.

La cuisine dite « de saison » fait preuve d’ingéniosité et mise largement sur les légumes, déclinés en plusieurs façons.

Ici, l’inventivité côtoie une simplicité sans fioritures inutiles, pour un résultat honnête qui reste gourmand et attrayant et fait honneur aux producteurs d’ici.

En entrée, les jolis radis sont présentés poêlés, une rareté. Ils gardent leur croquant sous la dent et sont délicieux, accompagnés de crème sure, de miso, de citron confit et de pousses. De quoi appeler le printemps ! Seul bémol, il faut bien mélanger la pâte fermentée de soya au reste des ingrédients d’abord pour éviter une bouchée au goût trop intense.

Météo oblige, nous étions aussi à la recherche de réconfort ce soir-là, qui s’est présenté sous la forme d’un généreux fleuron de brocoli déposé sur une riche sauce Mornay, où les raisins de Corinthe et les amandes effilées rôties ajoutaient des touches sucrée et texturée. C’était crémeux, croquant, satisfaisant. De quoi faire aimer le brocoli aux plus récalcitrants.

Le menu, que nous parcourons en sirotant un joli vin orange italien biologique de macération légère, propose quelques protéines animales. Tartare de bœuf, lard braisé, jarret d’agneau et onglet de bœuf nous font de l’œil, mais emportés par l’espoir des beaux jours, nous optons pour des plats plus printaniers.

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Truite poêlée dans son bouillon asiatique cinq-épices

La truite poêlée à la peau bien croustillante, servie sur un bouillon asiatique au cinq-épices, est loin de nous décevoir. Ses accompagnements – des nouilles de zucchini, des shiitakés poêlés et des edamames – la complètent à merveille. C’est à la fois goûteux et léger. Encore une fois, les légumes brillent, et le poisson n’est pas l’unique vedette de cette assiette, ce que nous saluons.

Le plat de cavatelli aux betteraves et son brocoli grillé fait preuve de moins de finesse, même s’il reste satisfaisant. La faute à la grosse cuillerée de fromage de chèvre déposée au centre qui noie le goût du légume-racine et du jus de carotte annoncé. Et, on doit l’avouer, le mariage betterave-fromage de chèvre a été tellement vu qu’on en devient lassé. Pourquoi ne pas remplacer ce dernier par un autre type de fromage ou une purée de légumes ou légumineuses ?

Pour les amateurs de sucre, le Magnolia offre deux desserts maison qui, sans impressionner outre mesure, sont honnêtes et bien exécutés : des beignets choco-noisette ainsi qu’un gâteau au citron avec sa meringue.

Notre verdict

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Le Magnolia est situé dans les shops Angus, dans le quartier Rosemont.

On paie : Des prix d’ami. Entrée de 8 $ à 14 $, plats principaux de 15 $ à 19 $. Le midi, c’est encore moins cher, avec un menu qui change de façon hebdomadaire.

On boit : Une belle carte des vins, tout en fraîcheur, qui fait la belle part aux vins effervescents, blancs et orange. La carte des cocktails mise sur les alcools d’ici, en collaboration avec les Spiritueux d’Iberville, Les Subversifs et Maison Sivo. Un effort à souligner.

On se sent : Bien accueillis et immédiatement à l’aise. Le personnel est motivé, passionné, sans se prendre trop au sérieux. Un vrai restaurant de quartier !

On aime : Les légumes en vedette, les petits prix, l’ambiance, l’ingéniosité, le menu sous vide à emporter pour les journées pressées.

On aime moins : Quelques plats qui sortent moins du lot et manquent de finesse.

On y retourne ? Certainement, dès que le beau temps sera arrivé et la nouvelle terrasse, installée.

Magnolia. 2600, rue William-Tremblay, Montréal. 514 543-5300.

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