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Brasil Café: spleen brésilien

Cecilia, l'une des sympathiques propriétaires du Brasil café,... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Cecilia, l'une des sympathiques propriétaires du Brasil café, propose une carte faite de petites choses modestes, comme un robinet ouvert de l'exubérance tropicale assez loin des sentiers battus de la latinité.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Robert Beauchemin
La Presse

Parfois, il suffit d'un petit rien pour vous mettre d'humeur bienveillante, malgré le temps, malgré les épreuves. De la nourriture simple par exemple, mais faite de produits frais, souvent exotique si vous aimez, et tout ça servi avec un sourire ravageur, un peu de bossa-nova en fond sonore et un décor qui appelle au voyage (dans le Sud, c'est sûr).

Ce café truculent, dont les murs aux couleurs jaune et rouge sont couverts de peintures, de photos ou d'affiches, propose une carte faite de petites choses modestes, comme un robinet ouvert de l'exubérance tropicale assez loin des sentiers battus de la latinité. Dans le genre rococo lascif, c'est assez réussi. Souvenez-vous de cette adresse dont l'ambiance et la nourriture rendent pourtant légèrement contemplatif, que vous soyez allé ou non au Brésil. Ça doit être ça la saudade que chantait Jobim. Un mélange triste et confortable, comme une mélancolie à la fois douce et amère. Car en dépit de l'allégresse du cadre, le Brasil Café a quelque chose de nostalgique. Le passé? Le Sud? L'amour perdu? Vieillir peut-être? En tout cas, on ne reste pas indifférent.

 

Alors qu'est-ce qu'on mange ici? Des empanadas, et des pastels farcis de fromage, de crevettes, de poulet, une sorte de sandwiche de là-bas dont la pâte frite reste affriolante malgré une certaine lourdeur. Et qu'on avale sur le pouce, littéralement toute la journée, en l'accompagnant de jus de fruits exotiques comme l'açai amazonien dont on dit qu'il serait le fruit le plus riche en antioxydants de la planète. Ça a d'ailleurs un goût entre le cassis et la réglisse, c'est épais et presque crémeux. Effet placebo? En tout cas, ça soulage le chagrin, tiens! ce truc.

Sinon, on peut aussi choisir le plat du jour. Ainsi, le week-end, on propose la feijoada, une sorte de cassoulet tropical et le plat national brésilien, qui me semble plus adapté au printemps québécois qu'à la chaleur équatoriale étouffante. Rempli de protéines, saucisses, viande rouge, et de haricots noirs cuits à l'étouffée et saupoudrée de farine de manioc, c'est une préparation étonnamment roborative (et d'une provocante lourdeur). Puis, on trouve aussi des petites douceurs, crémeuses, et de l'excellent café dont on nous garantit l'appellation pur Brésil. Du reste, ça ne doit pas être trop difficile, le pays est l'un des deux ou trois principaux producteurs mondiaux. Juste pour ça, on aime.

BRASIL CAFÉ

8, rue Rachel Est

Montréal

514-845-7070

On y retourne? De temps à autre.

(+) Le petit coin épicerie où l'on peut trouver des produits - rares - de l'Amazonie.

(-) C'est un peu cher tout de même pour ce que c'est.

 




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