Source ID:; App Source:

Pédale douce pour les branchés

Au Marché 27, le décor très Lower East... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

Agrandir

Au Marché 27, le décor très Lower East Side fait penser à l'intérieur d'une ancienne boucherie londonienne qui se serait convertie en salon de thé.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Sur le même thème

Robert Beauchemin
La Presse

La nouvelle génération de restaurants branchés a incontestablement une expression tonique. Les décors sont futuristes, la cuisine est multiculturelle. Mieux, elle est plurielle. Elle vous propose de tout: des épices, de l'exotique, du raffiné, du terroir, de l'italien et du français. Le tout enveloppé dans un seul concept: simple et rapide ; vif et informel.

Le Marché 27 répond à ces critères. Et plus... Au bout d'une petite heure, installé là sur un pouf, en regardant le patron taillader la viande au couteau pour faire un tartare, on se dit qu'il y a de l'espoir. C'est que, le boulevard Saint-Laurent à hauteur de Prince-Arthur, ce royaume de la frime, a subi une thérapie-choc. L'an dernier, une grande partie de sa clientèle habituelle l'a déserté à cause de l'excès de poussière et de bruit - sans parler d'absence de valet parking - qu'ont provoqué d'importants travaux de voirie. Plusieurs ont carrément fermé boutique - et pas les pires - laissant place à de plus en plus de restos rapides.

Le patron s'est payé une sorte de bar à vin. Là où les choses simples reflètent, toujours selon le patron, les attentes anti-gastronomiques de la clientèle. Le secret? Cuisine instantanée qui évite l'alchimie affectée ou académique, ambiance cosmopolite et des prix qui ne vous jettent pas en bas de votre chaise. Il vous reste donc quelques piécettes pour un digestif additionnel, un verre au nouveau Pub Écossais (sans musique tonitruante) juste de l'autre côté de la rue par exemple, où les serveurs portent le kilt.

Au Marché 27, le décor très Lower East Side me fait penser à l'intérieur d'une ancienne boucherie londonienne qui se serait convertie en salon de thé. Ambiance très cliniquement proprette: céramique partout, banquettes de cuir, poufs et bancs autour d'un comptoir et tableaux noirs où sont inscrites les propositions du jour, les crus offerts. La nourriture est présentée dans des comptoirs réfrigérés, à côté d'un bloc de boucher où l'on prépare sandwichs et salades (du moins celles qui ne sont pas faites d'avance).

Tout cela est un peu trop TMI (too much information), mais tout à fait dans ce nouvel esprit branché, à la fois candide et furieusement énergique. Si vous êtes un peu déprimé par la longueur de l'hiver, ce lieu fait péter le feu.

Que dire du menu si ce n'est que tout est conçu pour séduire, pour foncer dans les barrières, cuisine très «fooding». Mais il y a un piège à ce genre de propositions qui, pour être heureuses, doivent êtres faites avec beaucoup de soin. Or, ce n'est pas invariablement le cas ici.

Ainsi, des différentes bouchées que nous avons commandées, les rondelles d'oignons rouges, trempées dans une friture légère et saupoudrées de panko japonais, sont irrésistibles, croustillantes à souhait et évocatrices des joutes de hockey de l'adolescence. Idem pour une salade de fenouil, bien croquant, assorti à de la roquette et quelques dés de tomates. Malgré le manque de sel, et une huile d'olive quelconque, ce plat est réjouissant et tonique. Toutefois, une tartelette aux oignons qui promettait d'être plus sexy, dans sa version pissaladière, a tout du plat-cauchemar: pâte feuilletée rance, fort goût poissonneux, oignons à peine sentis. Nous n'en prenons qu'une bouchée et l'abandonnons à son triste sort.

Nous poursuivons avec un tartare fraîchement apprêté, d'appellation «italienne» selon le serveur, et fait d'une coupe secondaire de boeuf, goûteux avec cet assaisonnement d'oignons, d'un peu de cornichons, et d'un oeuf de caille joliment déposé sur le tas. Un second tartare est fait de canard, assaisonné à l'asiatique. Les deux sont des plats ravissants et modernes, parfaits pour une soirée après le théâtre ou le cinéma. Malheureusement, encore une fois, cela manque de sel, c'est une habitude ma foi! Ce qui anesthésie la viande vous laisse avec l'impression que tout est assourdi, éthéré. Le plat de frites, des pommes allumettes presque fluettes, sont excellentes, croustillantes et peu grasses. Nous exigeons la salière (sel de mer grec tout de même). Mais la mayonnaise est sans intérêt. Les desserts ne sont ni particulièrement affriolants - gâteaux, compositions chocolatées ou fruitées, brioches et autres trucs du genre - ni particulièrement frais, ce qui est bien pire.




Les plus populaires : Société

Tous les plus populaires de la section Société
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer