En août, Louis Domingue, gardien de but réserviste des Canucks de Vancouver, a eu beaucoup de temps libre pendant les séries éliminatoires, alors qu’il devait rester dans la ville bulle d’Edmonton. Pour se désennuyer, il s’est affairé aux fourneaux. Ses biscuits aux pépites de chocolat, puis son pain aux bananes ont porté chance à ses coéquipiers. Ensuite, dans une vidéo, la LNH a dévoilé ses talents cachés. La Presse vous en dit un peu plus.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

« J’aime cuisiner pour les autres »

Comme tous les joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui participent aux séries éliminatoires, Louis Domingue devait rester dans une bulle afin d’éviter la propagation du coronavirus. Dans sa prison dorée, ce qui avait commencé comme un pur loisir a vite gagné en intensité. « Je ne pouvais pas arrêter », révèle le hockeyeur, de retour dans sa maison à Saint-Marc-sur-Richelieu. « Les gars gagnaient. On a mis toutes les chances de notre bord. Je ne voulais pas que ce soit la raison pour laquelle ils perdraient. »

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Louis Domingue et sa grand-mère, Pierrette Gariépy, préparent ensemble un gâteau aux carottes.

Il se trouvait dans une situation inusitée. Les Canucks de Vancouver l’ont acquis en février parce que leur gardien de but numéro 1 était blessé. Or, Jacob Markström s’étant remis sur pied pendant le confinement, Louis Domingue s’est retrouvé dans le rôle ingrat de troisième gardien de but pendant la majeure partie des séries éliminatoires, jusqu’à ce que Markström soit de nouveau incapable de jouer. Le jeune homme de 28 ans a donc eu plus de temps à meubler que les autres membres de son équipe jusqu’à ce qu’il retourne dans l’alignement pour les trois dernières parties contre les Golden Knights de Vegas.

Il a concocté des tartes aux pommes, des clafoutis aux bleuets et des tartes à l’érable et aux pacanes pendant que ses coéquipiers faisaient la sieste et se préparaient pour les matchs. Les desserts les attendaient à leur retour de l’aréna, dans leur salle à manger.

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Louis Domingue était fin prêt à recevoir la visite, la veille de Noël, à Tampa Bay. Cette photo a été prise le 24 décembre 2018, à 18 h 07. À noter : ses trois tourtières.

Nos repas étaient fournis. Faire cuire 35 steaks, cela ne m’intéressait pas. C’était plus facile de faire trois tartes. Les gars étaient contents d’avoir quelque chose fait maison. C’était leur nanane après les matchs.

Louis Domingue, gardien des Canucks de Vancouver

  • Louis Domingue, gardien de but auxiliaire des Canucks de Vancouver, a fait sensation avec sa vidéo montrant comment faire une tarte aux pommes. Il en a préparé trois, au grand plaisir de ses coéquipiers.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUIS DOMINGUE

    Louis Domingue, gardien de but auxiliaire des Canucks de Vancouver, a fait sensation avec sa vidéo montrant comment faire une tarte aux pommes. Il en a préparé trois, au grand plaisir de ses coéquipiers.

  • Louis Domingue a commencé bien humblement en faisant des biscuits aux pépites de chocolat M&M’s pour ses coéquipiers.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUIS DOMINGUE

    Louis Domingue a commencé bien humblement en faisant des biscuits aux pépites de chocolat M&M’s pour ses coéquipiers.

  • Le gardien de but réserviste a fait des pains aux bananes. Ses coéquipiers ont continué de gagner. Il ne pouvait plus arrêter…

    PHOTO FOURNIE PAR LOUIS DOMINGUE

    Le gardien de but réserviste a fait des pains aux bananes. Ses coéquipiers ont continué de gagner. Il ne pouvait plus arrêter…

  • Louis Domingue a fait plaisir à ses coéquipiers lorsqu’il leur a fait des tartes à l’érable et aux pacanes.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUIS DOMINGUE

    Louis Domingue a fait plaisir à ses coéquipiers lorsqu’il leur a fait des tartes à l’érable et aux pacanes.

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Dans la fameuse vidéo où il explique comment faire des tartes aux pommes (qu’il a filmée tout seul, sans aide), c’est évident qu’il a l’habitude. Lorsqu’il est chez lui, d’ailleurs, c’est lui qui cuisine, révèle-t-il. Sa conjointe, Geneviève Boisvert, lui laisse le champ libre.

Une histoire de famille

S’il aime cuisiner, c’est grâce à sa grand-mère, Pierrette Gariépy, et à sa mère, Brigitte Boileau.

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Louis Domingue est à l'œuvre avec sa grand-mère Pierrette Gariépy. Ils préparent ensemble son délicieux gâteau aux carottes.

« Quand j’étais petit, ma grand-mère demeurait à deux maisons de chez nous, dévoile-t-il. J’étais souvent chez elle. Elle avait des cordes tendues partout dans la maison pour faire sécher ses pâtes fraîches. Elle était la reine du jardin. J’allais cueillir des framboises chez elle. Même aujourd’hui, à 86 ans, il n’est pas question qu’on aille au restaurant ensemble. Je suis allée la voir cette semaine chez elle, à Sainte-Julie, et elle m’a fait du poisson avec une salade verte. Sa vinaigrette est ma préférée. Elle est toute simple, mais je ne suis pas capable de la faire comme elle. »

De ce côté de sa famille, la nourriture est prise au sérieux.

C’est assez extrême, fait-il remarquer. À Noël, on commence à manger avant 20 h et on finit à 1 h du matin et même plus tard.

Louis Domingue

Des tourtières, il en a fait en quantité industrielle avec sa grand-mère. Les tartes aux bleuets et les tartes aux pommes (pas très sucrées) de sa mère l’ont nourri avant d’aller à l’école. Il perpétue la tradition. Il se souvient entre autres d’un réveillon mémorable à Tampa, où il a réuni autour de la table sa conjointe, sa sœur Charlotte et sept autres convives. Au menu : tourtière (évidemment), soupe won ton maison, escargots à l’ail gratinés, jambon, patates rôties, choux de Bruxelles à l’érable et pancetta, tartelettes à la courge musquée et un trottoir aux framboises et à la rhubarbe.

Il est manifestement à l’aise pour faire des desserts. Mais ce n’est pas ce qui lui procure le plus de satisfaction.

« La pâtisserie, c’est plus cartésien, explique-t-il. Si ça prend deux tasses de farine et qu’on en met deux tasses et demie, ça ne fonctionnera pas. Je suis aussi bon, sinon meilleur, quand je prépare des soupers. J’exprime plus de créativité. »

Il est surpris de la réaction que ses vidéos ont suscitée. Il a simplement répondu à l’invitation du réseau Sportsnet, relayée par son agence, Octagon, pour contribuer à la série de vidéos Inside the Bubble. Il a fait bonne impression en se servant du micro, du trépied et de la perche à égoportraits expédiés. Il a alors mis en pratique un autre type de talent hérité à la fois des Domingue et des Boileau. Son vrai nom est d’ailleurs Louis Boileau-Domingue. Il a été raccourci pour figurer sur les chandails de hockey…

« Je suis né dans une famille d’artistes, souligne-t-il. Mon grand-père paternel était l’aquarelliste Maurice Domingue. Mon père, Charles, est caméraman et réalisateur chez Hors-Piste Production, ma mère est professeure d’arts plastiques et ma sœur est photographe. En étant gardien de but, je suis un artiste d’une certaine façon. »

Il est à l’aise avec la technologie vidéo. Cela a paru dans sa première réalisation, où il montrait entre autres comment il s’y prenait pour garder contact avec ses enfants Mila, 4 ans, et Liam, 2 ans. Il a proposé de faire une autre vidéo sur la confection de tartes aux pommes. Au JW Marriott, où son équipe et lui s’étaient installés après la victoire contre les Blues de St. Louis, on lui avait réservé un coin dans l’immense cuisine de l’hôtel. Il avait tout l’espace voulu (et le temps) pour s’exécuter.

  • Louis Domingue et sa grand-mère ont commencé à brasser des idées. Pierrette Gariépy a conservé les vieilles recettes de son père, qui a déjà eu une boulangerie à Beauharnois.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUIS DOMINGUE

    Louis Domingue et sa grand-mère ont commencé à brasser des idées. Pierrette Gariépy a conservé les vieilles recettes de son père, qui a déjà eu une boulangerie à Beauharnois.

  • Le livre dans lequel les recettes sont consignées est en très bon état.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUIS DOMINGUE

    Le livre dans lequel les recettes sont consignées est en très bon état.

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Où cette aventure le mènera-t-il ? Sa priorité demeure incontestablement sa carrière dans la Ligue nationale de hockey. Mais comme il ne fait jamais rien à moitié, il caresse quelques projets, « pour le fun », précise-t-il. Il est en pourparlers notamment avec une maison d’édition pour un livre de recettes. Louis ferait alors équipe avec sa grand-mère, qui a conservé les vieilles recettes de son père, qui a déjà eu une boulangerie à Beauharnois. Une des recettes qu’ils aimeraient faire partager est le fameux gâteau aux carottes de tante Antonine, devenu la signature de Pierrette Gariépy.

C’est un des desserts préférés de Louis. Pour son anniversaire en mars, sa conjointe a appelé sa grand-mère pour lui demander sa recette. Pour lui faire plaisir, elle a pris la peine de lui faire ce gâteau. C’est tout dire.

Recette de gâteau aux carottes de tante Antonine

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Liam, le fils de Louis Domingue, attend patiemment sa part de gâteau.

Ingrédients

• 4 œufs

• 2 tasses de sucre

• 1 1/2 tasse d’huile

• 2 1/2 c. à thé de cannelle

• 1/2 c. à thé de sel

• 2 tasses de farine

• 2 c. à thé de bicarbonate de soude

• 4 tasses de carottes râpées

Préparation

1. Mélanger d’abord les 4 œufs, les 2 tasses de sucre puis la 1 1/2 tasse d’huile.

2. Mélanger ensuite les ingrédients secs : 2 1/2 c. à thé de cannelle, 1/2 c. à thé de sel, 2 tasses de farine et 2 c. à thé de bicarbonate de soude.

3. Ajouter à la préparation 4 tasses de carottes râpées et mélanger sans cérémonie.

4. Beurrer (ou utiliser PAM) pour enfariner le moule de 9 X 13 ou un moule à cheminée.

5. Cuire à 325 °F

6. Temps de cuisson: 55 minutes

Recette de glaçage au fromage à la crème

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Le gâteau aux carottes de tante Antonine

Ingrédients

• 1 paquet de fromage Philadelphie

• Noix hachées

• 2 c. à thé de vanille (ou moins)

• Sucre à glacer

Préparation

1. Mélanger tous les ingrédients

2. Pour la quantité de sucre à glacer, ajouter celui-ci jusqu’à la consistance désirée (au besoin, ajouter 1 ou 2 c. à table de lait)

3. Napper le gâteau avec la préparation