Avec les règles de santé publique de mise pour freiner la propagation du COVID-19, les nombreux voyageurs rentrés de l’étranger et les personnes âgées qui doivent s’isoler à la maison doivent néanmoins trouver le moyen de remplir leur frigo. Voici différentes options pour faire son épicerie en ligne… tout en s’armant de patience.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

« Il y a une hausse significative des livraisons de paniers à domicile », indique Jean-Michel Vanier, directeur des finances chez Les Fermes Lufa, qui dessert 20 000 foyers par semaine (en temps normal).

Pour l’instant, l’entreprise est toujours en mesure de livrer au domicile de ses abonnés des paniers au lendemain d’une commande passée en ligne avant minuit. Plus de livreurs sont dépêchés sur la route en voiture électrique. « Certains de nos points de chute sont fermés », précise M.  Vanier.

Il faut savoir que les abonnés des Fermes Lufa reçoivent un panier sur une base hebdomadaire à une journée fixe, mais qu’ils peuvent commander des paniers supplémentaires au lendemain d’une journée ouvrable. Le panier peut être laissé sur le seuil de la porte « sans contact », souligne M.  Vanier. Les employés des Fermes Lufa sont débordés, mais l’entreprise ne prévoit pas de pénurie majeure de produits.

Chez Metro et IGA

Quant aux grandes bannières, Metro et IGA font des livraisons à domicile, mais il faut patienter plusieurs jours avant de recevoir sa commande.

Chez Metro, les plages horaires de livraison pour une commande initiée mardi soir allaient au dimanche. « Le délai de livraison est en train de se résorber. Du personnel a été ajouté et la structure informatique a été renforcée », a indiqué mardi à La Presse Jean-François Belleau, directeur des relations publiques et gouvernementales du Conseil canadien du commerce de détail. Ce dernier coordonne les communications pour l’ensemble des bannières.

« Nous sommes en gestion de crise », rappelle-t-il. Metro a aussi décidé de limiter à deux « les quantités maximales sur les produits à forte demande », dont le papier hygiénique.

Chez IGA, mardi, les serveurs du site web avaient du mal à répondre à la demande. La navigation sur le site était lente. « En raison du volume de commandes élevé, il est possible que la disponibilité des plages horaires soit affectée et les délais de livraison d’épicerie en ligne soient plus longs qu’à l’habitude », disait-on sur le site web.

Toutes les bannières ont fait un « renforcement technologique », assure Jean-François Belleau. « Il y a eu de l’ajout de ressources en informatique », dit-il.

Les équipes de travail ont aussi été bonifiées.

Ramassage en magasin chez Provigo et Maxi

Dans la nuit de dimanche à lundi, les sites Internet de Provigo et Maxi étaient hors d’usage. « Nous connaissons actuellement un niveau d’achalandage exceptionnel sur notre site. Nous nous excusons de l’interruption », pouvait-on lire.

Tout était en ordre mardi. Provigo et Maxi n’offrent toutefois que la collecte de commandes en magasin. L’entreprise a même décidé d’annuler temporairement les frais de ramassage appelés « PC Express » (qui varient généralement de trois à cinq dollars). « Les règles de distanciation sociale s’appliquent, précise Jean-François Belleau. Nous avons eu des discussions avec les gens de la santé publique et on nous confirme que la distanciation sociale est très efficace. »

La SAQ privilégie la livraison à domicile

La Société des alcools du Québec (SAQ) observe aussi « un haut volume de ventes en ligne », indique la responsable des relations de presse Linda Bouchard. Habituellement, seulement 10 % des gens qui font des achats en ligne font livrer leur commande à la maison, alors que les autres La récupèrent en succursale.

Depuis les derniers jours, le pourcentage est près de 60 %. Sur son site web, la SAQ invite par ailleurs les gens « à privilégier la livraison à domicile afin de réduire l’achalandage dans les succursales ».

Le coût de livraison à domicile est de 12 dollars. Or, le délai de livraison n’est plus de trois à cinq jours ouvrables, mais de sept à 10 jours.

Et la livraison n’est pas vraiment à domicile… Il faut savoir que « la politique actuelle de Postes Canada est de laisser une carte Avis de livraison à votre domicile », indique la SAQ sur son site web.

« Cette carte vous indiquera à quel bureau de poste vous pourrez aller chercher votre commande, en montrant une preuve d’identité et en fournissant une signature. Si vous êtes malade ou placé en auto-isolement, veuillez demander à quelqu’un de ramasser ces articles pour vous. »

Un manque d’approvisionnement est-il à prévoir à la SAQ ? « Nous ne sommes pas là », assure Mme Bouchard.

Et par téléphone ?

Jean-François Belleau du Conseil canadien du commerce de détail s’inquiète pour les gens qui rentreront de Floride et dont les réfrigérateurs sont vides. « Ils devront faire l’épicerie, dit-il. Je tiens à dire que beaucoup d’épiciers prennent les commandes téléphoniques. C’est une belle alternative à ceux qui ne sont pas à l’aise sur le web. »