Envie de vous mettre à la cueillette sauvage ? Vous n’avez pas besoin de connaissances infinies pour le faire ! Voici quelques conseils afin de vous y initier.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

La prudence, mais pas la peur

Nous avons tellement entendu, enfant, que la forêt recèle des dangers mystérieux, de ne pas toucher – ni surtout goûter – aux champignons, baies et plantes, que bien des gens ont très peur de s’empoisonner… Un préjugé que tente de combattre Ariane Paré-Le Gal. « Notre forêt n’est pas dangereuse. Oui, il faut être prudent, et il y a des plantes toxiques — rarement mortelles — au Canada, mais il y a aussi plein de types de nourriture qu’on ne devrait pas consommer », nuance-t-elle.

Lentement, mais sûrement

Il faudrait une vie entière (et encore !) pour tout connaître des plantes sauvages. Mais la cueillette n’en demeure pas moins un plaisir accessible. Il suffit d’y aller une espèce facilement identifiable à la fois. « Je conseille souvent aux gens de commencer par les tisanes ; on a tellement de tisanes sauvages au Québec comme la menthe, la rose, la mélisse, le thé du Labrador, les pousses de sapin… L’été, je cueille mes tisanes, je les fais sécher et j’en ai pour l’année », dit Macha Imbault, de Macha’s cuisine.

Multiplication des sources

Une source, ce n’est jamais assez, insiste Ariane. « Il faut multiplier les sources d’information, aller chercher plusieurs ouvrages de référence, notamment pour les champignons », estime-t-elle. Une façon de s’assurer, deux fois plutôt qu’une, de ne pas avoir confondu une espèce comestible avec une voisine toxique.

Attention aux espèces vulnérables !

Certaines espèces, souvent fragiles et à la croissance lente, ont souffert d’une cueillette trop intensive qui menace leur existence. Plusieurs d’entre elles, comme l’ail des bois ou le gingembre sauvage, sont interdites de commercialisation au Québec et vous ne devriez en aucun cas les retrouver à la table des restaurants. Parfois, il est permis de cueillir quelques spécimens pour sa consommation personnelle, mais Ariane suggère d’y penser à deux fois avant de le faire.

Gardien de la forêt

Le cueilleur est aussi, en quelque sorte, un gardien de la forêt. Même si une espèce n’est pas menacée, ce n’est pas une raison pour tout arracher. Cueillir seulement ce dont on a besoin est la règle de base. Pour cueillir de façon responsable, on doit observer l’environnement immédiat. Y en a-t-il en abondance, ou seulement quelques spécimens ? Dans le second cas, on devrait peut-être s’abstenir. D’une année à l’autre, changer de lieux de récolte est une bonne pratique. On doit aussi éviter de cueillir dans les endroits potentiellement pollués, en bordure de route, par exemple. Pour les plantes de marécage, s’assurer que le plan d’eau est en amont, et non en aval.

Un peu, beaucoup, passionnément ?

Selon la partie de la plante, on peut cueillir abondamment, un peu ou presque pas. La question à se poser : la cueillette va-t-elle nuire à son cycle de croissance ? Nul besoin de se restreindre pour cueillir les fruits. Pour les feuilles et les pousses, on y va avec parcimonie. Les racines de certaines plantes peuvent être vraiment délicieuses, mais les récolter tuera la plante. On doit donc s’assurer qu’il y en a en assez grande quantité dans l’environnement et que c’est une espèce qui pousse facilement.

Savoir s’équiper

Pour maximiser sa sortie et éviter les pertes, tout apprenti cueilleur doit bien se préparer. Selon l’endroit, il peut être indiqué de porter des chaussures fermées et un pantalon long (surtout s’il y a un risque de rencontrer de l’herbe à puce, que tout cueilleur devrait savoir identifier), ainsi qu’un chapeau, d’apporter une bouteille d’eau, des récipients, des petits ciseaux ainsi que des gants, au besoin. « Il faut aussi penser à gérer la cueillette au retour ; laisser l’auto à l’ombre, apporter une glacière, avoir des plateaux ou des paniers de séchage à la maison… », énumère Ariane.

Pour s’initier

Vous n’êtes pas à l’aise de partir seul en forêt ? Quelques endroits offrent des ateliers et des activités d’initiation. L’entreprise Gourmet sauvage propose à quelques reprises cet été l’atelier d’immersion d’une journée « Gastronomie sauvage estivale » à Saint-Faustin–Lac-Carré, dans les Laurentides (faites vite, les places s’envolent comme des petits pains chauds !).

La Forêt Montmorency, dans la région de Québec, offre son activité « De la forêt à l’assiette » à cinq reprises durant l’été. L’endroit proposera également le 21 juillet la première présentation de l’événement Comptoir Boréal, qui accueillera notamment l’auteure et artiste culinaire du Yukon Michele Genest, ainsi que des producteurs et cueilleurs qui viendront faire découvrir leurs produits sauvages (un transport aller-retour est proposé de Montréal). Macha Imbault offre aussi, à la demande, des ateliers d’alimentation en forêt.

Consultez le site de Gourmet sauvage : https://gourmetsauvage.ca/

Consultez le site de la Forêt Montmorency : https://www.foretmontmorency.ca/fr/

Consultez le site du Comptoir Boréal : https://lepointdevente.com/billets/for190521002

Consultez la page Facebook de Macha's cuisine : https://www.facebook.com/machascuisine/