Changements climatiques et tendances, le monde du vin change. La journaliste spécialisée Karyne Duplessis Piché propose un aperçu des nouvelles qui retiennent l’attention ainsi que quelques produits à déguster.

Karyne Duplessis Piché Karyne Duplessis Piché
Spécialiste en vin, collaboratrice invitée

À retenir

Corsée et puissante comme le cabernet-sauvignon, fruitée et épicée comme la syrah, la touriga nacional pourrait devenir un cépage incontournable des vins de Bordeaux. Cette variété originaire du Portugal, déjà la vedette des rouges du Douro, vient d’être autorisée dans le Bordelais au même titre que le merlot et le cabernet franc. L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) a pris cette décision dans le but d’adapter la région viticole au climat de plus en plus chaud.

Il y a peu de chances qu’on remarque la présence de la touriga nacional dans les vins de Bordeaux des prochains millésimes : seulement 10 % du cépage est autorisé dans l’assemblage final. On peut toutefois savourer une cuvée faite à 100 % avec ce cépage dans la vallée du Douro. Celle-ci est produite par le vigneron français Michel Chapoutier, propriétaire du domaine au Portugal depuis 2009. Son nez de fruits noirs, d’herbes fraîches et de graphite est complexe. Une fois en bouche, les tannins sont soyeux et la finale épicée persiste longtemps. Superbe à ce prix !

Dos Lusiadas Eleivera Tinto Douro 2017, 20,05 $ (14267603), 14,5 %

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Latitude extrême

PHOTO FOURNIE PAR LA FÉDÉRATION NORVÉGIENNE DU VIN

La Norvège compte maintenant quelques vignobles.

Le 50e parallèle a longtemps été perçu comme la limite nordique de la viticulture. La Norvège est en train de fracasser cette idée préconçue. Le pays compte maintenant quelques vignobles plantés au 58e parallèle, soit encore plus au nord que Kuujjuaq, au Québec.

Dans une entrevue accordée au magazine Wine Enthusiast, le vigneron Klaus Peter Keller raconte que l’université allemande Genseihem l’avait prévenu qu’il lui faudrait attendre jusqu’en 2050 pour que les grappes de riesling puissent mûrir suffisamment pour la production viticole. Le réchauffement de la planète en a décidé autrement : il a réussi à produire deux cuvées, une première en 2015 et une autre en 2018. Oslo deviendra-t-elle une destination voyage pour les amateurs de vin ?

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Rêver bio

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA SAQ

Gérard Bertrand Naturae Pays d’Oc 2020

Selon le producteur de vin Gérard Bertrand, le bio sera bientôt « la nouvelle norme ». Du moins, c’est le souhait qu’il a exprimé au cours d’une vidéoconférence, le 18 février, durant laquelle il a fait un vibrant plaidoyer pour la viticulture biologique et la biodynamie. Propriétaire de 880 hectares de vignes dans le sud de la France, l’ancien joueur de rugby a changé sa philosophie et ses façons de faire il y a 20 ans, après avoir lu les écrits de Rudolf Steiner sur la biodynamie. Les ventes de vin bio sont en hausse au Québec, enregistrant une croissance de 28 % l’an dernier. Pourtant, l’achat de vin bio est encore marginal dans le monde. Selon une étude menée par le salon Millésime Bio, les ventes de vin bio représenteront 3,5 % du marché mondial en 2023.

À peine six mois après la vendange, ce chardonnay du vigneron Gérard Bertrand arrive sur nos tablettes. Certifié bio et élaboré sans sulfites ajoutés, il a été mis en bouteille rapidement afin d’en préserver l’expression aromatique. C’est réussi ! Le vin s’ouvre sur des notes d’aubépine et de pomme verte. L’attaque croquante est suivie par d’étonnantes notes de vanille. Avec des pâtes aux fruits de mer ou une carbonara, miam !

Gérard Bertrand Naturae Pays d’Oc 2020, 18,70 $ (12178869), 12,5 %, bio

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Spiritueux québécois à l’honneur

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA VALLÉE BLEUE

Cassimix, la liqueur de cassis de la Vallée Bleue

Le concours des Distillateurs artisanaux canadiens a annoncé ses gagnants et une entreprise de Lotbinière, la Vallée Bleue, a décroché les honneurs pour sa liqueur de cassis. « On était surpris, parce que ce n’est pas notre plus gros vendeur », dit la copropriétaire, Mysa Payeur. Mais à l’évidence, la boisson a plu aux juges qui lui ont accordé, en plus de sa médaille d’or, la mention « mérite du terroir ». Pour goûter à la liqueur Cassismix, il faut se rendre à la ferme.

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D’autres alcools du Québec se sont démarqués au concours.

> Consultez le site du concours (en anglais)