(Caligny) Les ventes de cidre ont chuté de 50 % depuis le début du confinement, certains indépendants affichant plus de 95 % de baisse, a-t-on appris lundi auprès de producteurs.

Agence France-Presse

« La filière cidricole est frappée de plein fouet par la crise de la COVID-19 et les effets du confinement. Les ventes de cidre sont en baisse de près de 50 % », assure l’Union nationale interprofessionnelle cidricole (UNICID) dans un communiqué.

La boisson alcoolisée souffre de la fermeture des restaurants, de l’arrêt du tourisme et de la baisse à l’exportation, mais ses ventes sont également en baisse dans la grande distribution, selon le communiqué.

Producteur de cidre bio à la Ferme de la Sapinière à Saint-Laurent-sur-mer, près d’Omaha Beach dans la région de Calvados, Michel Legallois a vu son chiffre d’affaires chuter de « plus de 95 % ».

« On est très impactés. Ici c’est une zone touristique. Quand le tourisme est interdit d’accès, c’est un peu le Larzac », explique à l’AFP M. Legallois dont 60 % du chiffre d’affaires dépend directement des touristes, 20 % de la restauration et 5 % de l’exportation.

« On ne travaille pas avec la grande distribution. Et on est isolé, contrairement à des fermes proches des zones urbaines qui ont vu augmenter leurs ventes dans les produits de première nécessité, nous on ne vend pas d’œufs, pas de farine », explique M. Legallois qui doit produire environ 75 000 bouteilles de cidre en 2020.

Son souci majeur : « qu’est-ce qu’on va faire de nos pommes à l’automne. Nos stockages (de bouteilles) ne sont pas extensibles. Or, on aura au moins 2,5 mois sans vente, soit quelques milliers de bouteilles non vendues ». Ironie du sort, « on a une belle floraison. 2020 se présente comme une année à pommes », ajoute le producteur normand qui vit sur la trésorerie accumulée en 2019 lors du 75e anniversaire du débarquement et grâce à un prêt Bpi. Il a dû toutefois mettre 4 de ses 5 CDI en chômage partiel.

Alors qu’à « la veille du confinement, la presse saluait encore le renouveau du cidre », l’Unicid plaide, elle, dans son communiqué pour retirer du marché 200 000 hectolitres de cidre et 100 000 tonnes de pommes à cidre.

Mais M. Legallois, lui, n’est « pas intéressé ». « C’est une mesure pour les produits conventionnels à cent euros la tonne de pommes, mais, en bio, on est à plus de 200 euros la tonne. Les rendements et les coûts de production ne sont pas les mêmes », ajoute le producteur en bio depuis 2020.

Unicid regroupe environ 10 000 producteurs de pommes et 500 de cidres.