Déjà reconnue pour sa sélection étonnante de bières de microbrasseries et de spiritueux rares produits par les meilleurs distillateurs québécois, La Cuvée s’invite à la table à sa huitième édition, qui se déroule de jeudi à samedi dans le magnifique décor du Salon 1861, dans le quartier Petite-Bourgogne, à Montréal.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

« La bière est encore la boisson du peuple, mais on veut l’amener à la table, nous a dit Éric Tremblay, responsable du menu brassicole de La Cuvée. C’est pourquoi on a ajouté cette année quatre stations d’accords mets-bière. On avait une demande pour ça, d’autant plus que les multiples types de bières offrent plus d’aromates que le vin, ce qui permet des accords avec différents mets. »

On pourra donc déguster des tacos au poisson accompagnés d’un verre de Botanik de la microbrasserie 4 Origines, une poutine chorizo et bacon à la bière avec l’Imperial Stout de la Brasserie Mille-Îles, des dumplings au porc et sauce aux arachides avec la Fumisterie de la Brasserie Dieu du Ciel de même qu’une poutine extra oignons caramélisés avec la Stout à l’avoine, cacao et orange de la Brasserie Mille-Îles. Les plats sont confectionnés par le restaurant la Confrérie, de Terrebonne.

En tout, ce sont plus de 55 produits provenant de 36 brasseries différentes qui sont au menu cette année à La Cuvée, certains brassins exclusifs étant dévoilés selon un horaire précis alors que d’autres étant servis par les représentants de neuf microbrasseries qui ont leur kiosque sur place. « Plus le festival a pris de l’ampleur, plus les microbrasseurs ont voulu y participer, nous a dit Éric Tremblay, rencontré plus tôt dans la semaine à l’occasion d’une soirée de dégustation exclusive. Depuis que je devenu responsable de la programmation de bière, il y a quatre ans, je vois de plus en plus de brasseries qui m’approchent pour pouvoir être à La Cuvée. Tout le monde veut être ici, en fait. »

Au-delà de la sélection de bières et de spiritueux, les organisateurs tiennent aussi à ce que l’événement entretienne le côté festif qui a fait sa notoriété. « L’idée est que La Cuvée puisse conserver sa chaleur humaine, nous a dit Justin Archambault, qui est aussi à la tête de l’Oktoberfest de Repentigny. C’est drôle, mais l’image qui me vient en tête est celle des premiers spectacles des Beatles au Cavern Club ; il y avait une proximité avec les amateurs, quelque chose de très intime que je veux conserver à La Cuvée. L’aspect festif est très important et nous avions ça en tête quand nous avons déménagé du Plateau, il y a cinq ans. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Très en vogue actuellement au Québec, les distilleries de gin sont bien présentes à La Cuvée depuis quelques années. D’ailleurs, la soirée de jeudi est consacrée aux gins québécois, représentés cette année par six producteurs de chez nous : Distillerie du Fjord, Ungava, Wabasso, Distillerie du St-Laurent, Bleu Royal et Menaud.

Victime de son succès

À sa huitième année, La Cuvée est aujourd’hui arrivée à maturité, au moins dans sa forme actuelle. D’ailleurs, Justin Archambault veut lui donner un nouveau souffle au cours des prochaines années en ajoutant notamment un volet pédagogique qui pourrait prendre la forme d’ateliers destinés particulièrement aux restaurateurs et propriétaires de bars. « Au cours des prochaines années, je vois aussi une plus grande représentation d’alcools différents à La Cuvée, a soutenu le jeune entrepreneur. Par exemple, nous n’avions pas vu venir l’explosion du gin québécois ; mais comme les amateurs de bière sont ouverts à la découverte, ils essaient volontiers le gin, le whiskey et le vin nature. » La Cuvée pourrait-elle se diversifier, voire même faire des petits ailleurs qu’à Montréal ? « Il y a d’autres Cuvées à venir », s’est contenté de répondre Justin Archambault, sourire en coin.

D’ici là, la bière de microbrasserie demeure au coeur de La Cuvée et c’est encore ce qui fait rayonner l’événement. « Quand on a démarré La Cuvée il y a huit ans, on voulait surtout s’adresser aux geeks de bière, s’est rappelé Justin Archambault. Mais aujourd’hui, les produits ont tellement évolué que le marché nous pousse sans cesse à nous dépasser. Dès le départ, mon espoir était de voir la bière se rendre au même niveau que le vin. Je crois que c’est le cas aujourd’hui, du moins à Montréal. Aussi, on est victime de notre succès, mais c’est le but. À pareille date l’an dernier, on avait deux fois moins de ventes en ligne d’enregistrées. Mais il reste encore des billets. »

>>> Informations et billets : www.lacuvee.ca