Les restaurateurs québécois peuvent désormais vendre du vin par le biais du site alfred.vin qui a mis sur pied la campagne On lève notre verre. Les titulaires de permis de bar, qui jusqu’ici ne pouvaient vendre aucun alcool pour emporter, peuvent aussi proposer leurs bouteilles sur ce site.

Ève Dumas
Ève Dumas La Presse

Celliers intelligents, l’entreprise qui est à l’origine du « sommelier virtuel » Alfred et de la plateforme On lève notre verre, a négocié et obtenu une entente spéciale avec le gouvernement du Québec et avec la Société des alcools du Québec (SAQ) qui autorise les restaurateurs québécois à revendre leurs vins sur sa plateforme. L’entreprise faisait déjà partie d’une des rares (avec les encans) à pouvoir revendre des vins et spiritueux.

Jusqu’à maintenant, des établissements comme le Rouge Gorge, le Barroco, le Café Lézard, L’Estérel, le Ferreira Café et le Rachel ont choisi d’afficher leurs bouteilles sur le site alfred.vin. On devrait voir de nombreux noms s’ajouter à la liste dans les prochains jours.

« C’est une manière un peu compliquée de permettre aux bars d’écouler une partie de leur cave, d’autant plus que la limite est présentement fixée à cinq produits par établissement, mais c’est un début », convient Alain Rochard. L’idéal, pour le propriétaire du Rouge Gorge, serait que la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) permette tout simplement aux bars à vins qui ont un bon inventaire de devenir cavistes pendant la durée de la crise. Cela dit, l’œnophile, restaurateur et vigneron est content de voir les choses bouger.

Chez Celliers intelligents, le président Guy Doucet nous annonce son intention d’augmenter le nombre de produits que les restaurateurs peuvent vendre sur le site.

PHOTO ÉRICK LABBE, ARCHIVES LE SOLEIL

Guy Doucet est le président de l’entreprise Celliers intelligents qui a mis sur pied la campagne On lève notre verre, permettant aux bars et restaurants de vendre du vin en ligne.

Sur chaque vente, un montant de 15 $ est ajouté au prix d’achat de la bouteille par le restaurateur ou à la valeur marchande actuelle du produit, telle qu’établie par Celliers intelligents (dans le cas de bouteilles de garde, par exemple). Des frais de 10 % sur le total de la facture seront prélevés pour les transactions par cartes de crédit, la garantie de qualité, les frais de développement, de mise en ligne et d’opération de la plateforme transactionnelle ainsi que les frais pour le service à la clientèle, peut-on lire dans le contrat.

« On ne gagne pas d’argent avec ça, assure M. Doucet. À la fin de chaque mois, l’excédent de revenus sur les dépenses sera remis sur la base de ristournes aux restaurateurs, avec l’aide de l’Association des restaurateurs du Québec. Plus on fera de ventes, plus les ristournes seront intéressantes.

« Notre but est vraiment d’encourager les Québécois à être solidaires du milieu de la restauration, poursuit le président de Celliers intelligents. En échange, on demande à ces établissements de redonner à leur tour, avec ce qu’on appelle le « bon de solidarité ». Ça n’a pas besoin d’être grand-chose. Ça peut être une note de remerciement, un verre de vin à la réouverture du restaurant, même un câlin ! Tout ce qu’on veut, c’est que la bonté circule. »

Avec la campagne On lève notre verre, la livraison est possible, aux frais de l’acheteur. Celui-ci est donc encouragé à cueillir ses bouteilles dans l’établissement vendeur. De nombreux commerces titulaires de permis de bars ont commencé à proposer des mets pour emporter. S’ils le souhaitent, ils peuvent désormais aussi proposer quelques bouteilles sur alfred.vin.

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