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Des vins de Niagara signés par un Québécois

Le sommelier François Morissette.... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Le sommelier François Morissette.

Photo: André Pichette, La Presse

(Montréal) On connaît peu les vins de François Morissette. Ce Québécois d'origine a travaillé auprès des plus prestigieux producteurs en Bourgogne, avant de devenir vigneron en Ontario, il y a cinq ans. Il tente désormais d'impressionner les Bourguignons, avec ses vins... ontariens!

Rien ne prédestinait François Morissette à faire du vin en Ontario. Il s'est installé en 2000 en Bourgogne, après avoir été sommelier au restaurant Laloux, à Montréal. Ce passionné de pinot noir rêvait d'ailleurs de posséder ses vignes sur la Côte-d'Or. Il a toutefois réalisé que produire du vin dans cette région était difficile. Pour y parvenir, il fallait être Bourguignon, détenir beaucoup d'argent et être très patient.

Un homme d'affaires canadien, Mel Pearl, a résolu ce problème lorsqu'il lui a proposé de démarrer un nouveau projet viticole avec lui. Mais le vignoble n'était pas en Bourgogne, mais en Ontario. « C'est la dernière place où je voulais me retrouver », confie le vigneron, rencontré à Montréal la semaine dernière.

Avant de prendre sa décision, François Morissette est venu au Canada pour goûter les cuvées qui se faisaient dans la région du Niagara. Il raconte que la texture en bouche et la qualité de la cuvée Claystone du domaine Clos Jordanne l'ont convaincu à « traverser l'Atlantique. »

Il déménage dans la péninsule du Niagara en 2007 et prend possession des vignes quelques mois plus tard.

L'Ontario : terroir de blanc

Le domaine Pearl-Morissette possède aujourd'hui 14 hectares de vignes. Sa production est cependant encore petite : François Morissette a dû replanter une grande partie du vignoble qu'il jugeait en mauvais état.

Le vigneron ne cache pas qu'au début de l'aventure il misait sur le pinot noir pour développer ses cuvées ontariennes. Il a depuis changé sa vision. Il croit davantage au potentiel des blancs ontariens.

« Je suis maintenant convaincu que l'on peut sortir à Niagara chaque année un grand vin blanc, explique-t-il. Pour les rouges, je suis moins convaincu. »

Il mise désormais sur quatre cépages : le chardonnay, le riesling, le cabernet franc et le pinot noir. Les vins obtenus avec ses premières vinifications de riesling et de cabernet franc lui portent à croire qu'il pourra bientôt « botter le cul des Bourguignons ». Il affirme retrouver dans ses cuvées la texture que l'on retrouve dans les plus grandes bouteilles.

Les vins de François Morissette ne sont ni certifiés biologiques ni biodynamiques. Or, le vigneron applique de nombreuses règles de la biodynamie dans son vignoble et utilise le moins de produits chimiques possible aussi bien dans son champ que dans son chai. Il ajoute également la quantité minimale de souffre nécessaire à la conservation de ses vins.

On ne trouve pas ses bouteilles sur les tablettes des monopoles d'État ontarien ou québécois. On peut cependant goûter son riesling 2010, son chardonnay 2009 et son pinot noir 2007 dans plusieurs établissements de la province. Il est représenté au Québec par l'agence Vinealis.

François Morissette travaille maintenant au développement d'un nouveau domaine. Une fois de plus, ses vignes se trouvent en Amérique, cette fois-ci en Californie.

Coup de coeur

Cuvée Black ball, Riesling 2011

Le nom « Black ball » fait référence au mode de scrutin utilisé dans certains clubs. Pour accepter un nouveau membre, chaque participant vote à l'aide de boules blanches et noires. Si le candidat reçoit davantage de boules noires, il est exclu.

François a ainsi soumis plusieurs fois son riesling à l'Alliance des vignerons canadiens (Vintner's Quality Alliance ou VQA). Mais l'organisme a, à chaque fois, refusé d'apposer son sceau sur la bouteille, prétextant que le vin ne correspond pas aux rieslings produits en Ontario.

Quoi qu'en dise la VQA, cette cuvée est délicieuse. Sa robe est brillante et légèrement dorée. Au nez, on sent la lime, le citron et la pomme-poire. On retrouve aussi un côté salin, de la cire et des notes florales. En bouche, l'élevage sous bois apporte de la finesse et une texture presque veloutée au vin. L'équilibre est impeccable.

Où le goûter à Montréal?

Au Pastaga

6389, boulevard Saint-Laurent

Au Toqué!

900, Place Jean Paul Riopelle

Au Garde-Manger

408, rue Saint-François-Xavier




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