(L’Île-d’Orléans) Vous connaissez la gadelle, la camerise, l’aronia ? Vincent Paris, lui, en fait pousser à l’île d’Orléans, sur sa microferme de tisanes et de petits fruits, et il s’amuse à en faire des potions délicieusement sucrées… ou pas.

C’est ainsi que ce confiturier artisanal a fait une cuvée spéciale à la camerise et aux prunes, qu’il vend une gelée de pomme et d’argousier, ou encore de bleuet et de romarin, entre autres créations originales, qu’on trouve dans sa boutique du bord du fleuve, à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans : Tigidou.

Nous avons rencontré ce personnage original aux airs de sorcier un petit midi caniculaire du début du mois, sur sa jolie ferme, à une dizaine de minutes de sa boutique, à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans cette fois.

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Vincent Paris, sur sa jolie ferme de tisanes et de petits fruits.

« Ce n’est pas sorcier, faire de la confiture, mais faire de la confiture de sorcier, c’est tigidou ! », dira notre interlocuteur particulier, entre autres réponses pince-sans-rire pour nous faire marcher (ou pas !), à nos multiples interrogations.

Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un confiturier (encore moins un confiturier coiffé d’un chapeau haut de forme pour ses dégustations), et disons qu’on avait plusieurs questions à lui poser.

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C’est ici que tout a commencé il y a 10 ans, dans cette grange convertie aujourd’hui en salon de thé.

Alors c’est ici, dans une magnifique grange ancestrale où il vient d’aménager un coquet salon de thé (voir onglet), que tout a commencé, il y a 10 ans. C’est ici, toujours, qu’il teste ses mélanges de fruits, d’herbes, de sucres et d’épices (fraise et poivre noir, pourquoi pas ?) dans ce qu’il appelle amoureusement son « laboratoire », une cuisine délicieusement rétro, garnie de gros chaudrons, tout aussi rétros. Toutes ses recettes, de la gelée de framboise jalapeno à la marmelade de fleurs en passant par la confiture mûre-camerise, sont nées là. Elles y ont été testées. Et approuvées (ou pas !). « Les premières années, j’ai fait n’importe quoi ! », soufflera-t-il tout bas.

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Des dizaines de variétées de petits fruits pousseront ici au rythme de l’été.

C’est aussi ici, sur sa terre à l’arrière, que pousseront tout l’été ses dizaines de variétés de petits fruits, allant de la gadelle (sorte de groseille rouge à grappes, dont il se goinfrait enfant) à la framboise en passant par l’aronia (variété de cassis). Sans oublier une jolie variété de fraises. Il se promet d’ailleurs de monter un petit jeu de découvertes, une sorte de chasse au trésor, pour tester les connaissances de ses visiteurs gourmands en matière de petits fruits.

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C’est sur sa ferme que Vincent Paris teste ses audacieux mélanges.

Il y en a plein de petits fruits ici ! Pas que des fraises ! Et c’est pour ça que j’ai pu devenir confiturier !

Vincent Paris, confiturier

Pourquoi confiturier, pardon, « maître confiturier », au juste ? Natif de l’île, Vincent Paris a grandi à Saint-Jean. Il se souvient de cueillir des fraises chez un voisin, et d’envisager, gamin, d’en faire sa vie. Et puis non. « Finalement, je vais aller à l’école ! » Après des études à Montréal et des petits boulots en restauration pour payer son loyer, il atterrit en publicité et y travaille de nombreuses années. « Revenir à l’île, je n’ai jamais pensé pouvoir le faire, jusqu’à ce que je rencontre une femme qui venait de l’île aussi… »

Et voilà qu’en 2013, crise d’une certaine dizaine oblige, il se lance. Il débarque ici, dans cette ancienne grange alors abandonnée, pour y développer ses habiletés de maître confiturier. Il laboure sa terre, cultive ses petits fruits et finalement, ses mélanges fins et audacieux, visiblement maîtrisés, font des adeptes. De petits fermiers du coin (la ferme François Blouin de Sainte-Famille, ou Léonce Plante de Saint-Laurent, entre autres) se mettent à le fournir en matière première (parce que lui-même ne fournit plus), et tranquillement mais sûrement, « tigidou » ! « C’est ça, Tigidou, c’est l’humilité de faire de la confiture fine, dans un environnement qui nous rappelle nos grands-parents ! »

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Eliot Thériault, confiturier, brasse son précieux mélange de petits fruits, dans les nouvelles installations de Tigidou, dans le village de Saint-Laurent.

Seulement voilà, l’île d’Orléans est classée site patrimonial, et cela vient aussi avec son lot de casse-têtes législatifs. Pour toutes sortes de raisons, au bout de quelques années, notre confiturier doit déménager sa production et la sortir de cette jolie grange, aussi bucolique soit-elle. En pleine pandémie, il tombe sur un hangar de bateau, près du fleuve, à deux pas de l’église de Saint-Laurent. Il y installe sa production, son entrepôt et son atelier de dégustation, dans ce vestige du passé naval de la région, et rafistole dans la foulée un garage déglingué attenant en coquette petite boutique. Pensez : un vieux meuble recyclé en guise de comptoir ici, un vieux canot en guise de décor accroché là. Et au plafond, quantité de planches colorées, ramassées dans la communauté.

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La nouvelle boutique se dresse dans un vieux garage rafistolé.

Son pari marche. Pas à moitié. En saison, les touristes défilent ici par dizaines. Son secret ? « La qualité dans la simplicité », résume l’homme d’affaires. Mais encore ? Des produits frais, idéalement bios, récoltés et cuisinés en saison, sans pectine, avec le meilleur sucre de canne bio possible, et du jus de citron bio et non pasteurisé. Ah oui, et inutile de laisser bouiller les fruits 25 minutes, ajoute-t-il. Combien de temps, alors ? « Ça, je ne le vous dis pas ! », répond notre énigmatique confiturier, sourire en coin.

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Ne ratez pas leur slush aux petits fruits, à déguster sur le bord de l’eau, en saison.

Consultez le site de Tigidou

Trois autres arrêts gourmands dans l’île

La maison de thé

  • Joli salon de thé à Saint-Jean

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    Joli salon de thé à Saint-Jean

  • Toutes les feuilles et fruits pour concocter les tisanes poussent sur place.

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    Toutes les feuilles et fruits pour concocter les tisanes poussent sur place.

  • Les thés sont séchés à la ferme.

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    Les thés sont séchés à la ferme.

  • Sauge, frêne, mélisse, camomille, sont aussi offerts en petits pots.

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    Sauge, frêne, mélisse, camomille, sont aussi offerts en petits pots.

  • Un moment hors du temps pour un thé à l’anglaise.

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    Un moment hors du temps pour un thé à l’anglaise.

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L’originalité de la première maison de thé de l’île d’Orléans : on y cultive l’essentiel des ingrédients sur place. Sur la terre de cette grange ancestrale, sise à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, convertie en temple du thé, poussent en effet sauge, frêne, mélisse, camomille, etc. On cible ici une clientèle adepte du tourisme lent, pour une expérience hors du temps et une dégustation à l’anglaise. Au menu : thés, tisanes ou infusions glacées, plateaux classiques ou véganes (petits sandwichs, scones et autres mignardises). Le tout est accompagné d’une confiture fine, du labo de Tigidou !

Ouvert du jeudi au lundi. Réservations requises.

Consultez le site de La maison de thé

Vignoble Sainte-Pétronille

  • Le vignoble Sainte-Pétronille, magnifiquement situé devant la chute Montmorency

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    Le vignoble Sainte-Pétronille, magnifiquement situé devant la chute Montmorency

  • Un panier de dégustation des produits du vignoble est offert à 25 $.

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    Un panier de dégustation des produits du vignoble est offert à 25 $.

  • Le vignoble s’est aussi doté d’un four à pizza, pour casser la croûte le midi ou en formule 5 & 7.

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    Le vignoble s’est aussi doté d’un four à pizza, pour casser la croûte le midi ou en formule 5 & 7.

  • La vue sur les vignes est pittoresque.

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    La vue sur les vignes est pittoresque.

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Ce ne sont pas les vignobles qui manquent à l’île d’Orléans. La particularité de celui-ci : outre ses 35 000 plants de vigne et ses neuf cépages (pinot gris, riesling, chardonnay, etc.) à déguster sur place, on peut aussi y casser la croûte sur l’heure du midi ou en formule 5 à 7. Depuis quelques années, la famille Denault dispose en effet d’un four à pizza extérieur. Au menu : focaccia, pizzas, asperges de l’île ou pétoncles des Îles. Vue imprenable sur les vignes et la chute Montmorency en prime.

Ouvert tous les jours, de 10 h à 17 h. Sans réservation.

Consultez le site du Vignoble Sainte-Pétronille

Les Ancêtres, restaurant champêtre

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Auberge Les Ancêtres à Saint-Pierre

On nous a dit le plus grand bien de cette adresse champêtre, située dans le village de Saint-Pierre, à l’entrée de l’île d’Orléans, mais fermée lors de notre passage. Que ce soit dans la maison tricentenaire ou sur sa terrasse panoramique, on sert ici une fine cuisine du terroir aux accents traditionnels : fromages de l’île, charcuteries artisanales, poulet grand-mère, ragoût des Ancêtres, cuisse de pintade confite… Entrées à partir de 15 $, plats principaux à partir de 30 $.

Ouvert du mardi au samedi, à partir de 17 h. Réservations requises.

Consultez le site des Ancêtres