Nul besoin d’attendre le dégel pour se faire une partie de sucre à la jeannoise, car il est désormais possible de se lécher les babines avec de la tire de bleuets sur neige au Village historique de Val-Jalbert. Dans un premier temps, le produit sera offert seulement sur le site, toutes les fins de semaine, mais il n’est pas exclu de le commercialiser éventuellement.

Guillaume Roy
Initiative de Journalisme local

La nécessité est la mère de toutes les inventions, selon l’adage, et la création de la tire de bleuets ne fait pas exception, souligne Gilbert Naud, le cuisinier au Bistrot du Moulin, sur le site du Village historique.

« On utilise beaucoup de bleuets dans différentes recettes et, durant la cuisson, ça produit beaucoup de sirop de bleuets, dit-il. On en utilise beaucoup pour les déjeuners, comme sur les crêpes, mais il nous en restait toujours. Un jour, j’ai décidé de faire bouillir le sirop jusqu’à obtenir la consistance de la tire. »

Le cuisinier l’a d’abord fait goûter aux employés, puis aux visiteurs qui étaient de passage, l’hiver dernier. Le succès a été instantané.

« Tout le monde nous demandait quand on allait en refaire », ajoute le chef, fier de sa trouvaille. Il faut dire que Gilbert Naud a grandi à Québec et qu’il a toujours été un grand fan des produits de l’érable. Une fois établi au Lac-Saint-Jean, il a su marier son intérêt pour la tire avec le produit phare de la région, le bleuet.

Fort de cette expérience, Val-Jalbert a lancé un projet-pilote de tire de bleuets, en décembre dernier, qui est venu confirmer la popularité du produit. Les mesures sanitaires ont retardé le lancement officiel, qui s’est fait mercredi, avec le lancement de la tire Val-Bleuet, un nom trouvé à la suite d’un concours auquel plus de 100 personnes ont participé.

Le résultat est assez impressionnant. Avec la même concentration en sucre que l’érable, la tire fige bien sur la neige et le produit goûte comme une explosion de bleuets bien sucrés en bouche. « Étant donné que l’on retrouve plus de fructose dans le bleuet, la tire paraît moins sucrée », estime le chef.

La tire de bleuets sera donc offerte sur le site toutes les fins de semaine à compter de samedi prochain. Il faudra débourser cinq dollars par adulte et trois dollars par enfant pour manger de la tire à volonté ! Des mesures sanitaires seront suivies à la lettre, alors qu’une seule cellule familiale sera admise par station. Chaque dégustateur recevra un bâton en bois emballé et la neige sera changée entre chaque famille.

Chaque fin de semaine, le chef pense cuisiner entre 15 et 20 kg de bleuets pour le restaurant et pour faire la tire, qui est faite exclusivement de bleuets et de sucre. Déjà, l’idée de commercialiser le produit est dans l’air, mais il n’y a aucun plan concret pour le faire pour l’instant, car l’idée est davantage de créer un produit d’appel pour attirer les gens sur le site.

L’engouement pour les activités hivernales dépasse déjà l’objectif du site, alors que 21 690 visiteurs ont franchi le tourniquet cet hiver, a souligné Patrick Savard, le directeur général. Ce dernier souhaite en attirer encore davantage avec un produit « unique et exclusif » comme la tire de bleuets sur neige.

Cette initiative et l’ouverture hivernale font partie des orientations stratégiques pour mettre le site en valeur à l’année. « On veut que les gens puissent profiter du village », soutient ce dernier, en ajoutant que la collaboration avec le Club Plein Air Ouiatchouan permet d’accéder à 45 kilomètres de sentiers.

À compter de samedi, le magasin général sera aussi ouvert à nouveau et, outre la tire de bleuets, plusieurs délices du chef Gilbert Naud seront aussi disponibles, dont la bûche à la framboise et citron, le chocolat chaud, la tarte au sucre, le pouding, les barres tendres et la soupe maison. La crème glacée maison avec une variété aux bleuets devrait aussi s’ajouter à cette liste prochainement.