Elle a eu 18 ans cette semaine. Et avec ses amis (et un père motivé !), elle a passé cette première journée de sa majorité à trier, étiqueter et placer des conserves, dans un hangar grouillant d’activité de Moisson Montréal. Objectif : donner de son temps au suivant. Aux moins chanceux. De plus en plus nombreux. Quand le bénévolat vole la vedette.

Texte : Silvia Galipeau Texte : Silvia Galipeau
La Presse

Photos : Alain Roberge Photos : Alain Roberge
La Presse

  • Bien franchement, l’idée vient de son père, qui a pris goût au bénévolat au tout début du confinement. Et puis dernièrement, Émilie Gourd lui a dit : « À mon anniversaire, je viens avec toi ! » Ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd… Pour l’occasion, il a relancé (en cachette) les meilleurs amis de sa fille, et tous ont embarqué dans le projet : party ! Dans l’ordre : Amélie Demers, Ophélie Jacques, Émilie et son père, Vincent Gourd. (Absents de la photo : Chloé Bouchard-Montpetit et Félix Ghadiri)

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Bien franchement, l’idée vient de son père, qui a pris goût au bénévolat au tout début du confinement. Et puis dernièrement, Émilie Gourd lui a dit : « À mon anniversaire, je viens avec toi ! » Ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd… Pour l’occasion, il a relancé (en cachette) les meilleurs amis de sa fille, et tous ont embarqué dans le projet : party ! Dans l’ordre : Amélie Demers, Ophélie Jacques, Émilie et son père, Vincent Gourd. (Absents de la photo : Chloé Bouchard-Montpetit et Félix Ghadiri)

  • « J’aime ça faire une différence dans la vie des gens, et il y a une bonne énergie ici ! », confie d’emblée la fêtée, qui en est à sa troisième expérience de bénévolat avec son père. Il faut dire qu’il a l’enthousiasme convaincant : « Il m’inspire, dit-elle, il nous en parle 15 minutes à tous les soupers, sans joke, pour nous dire à quel point on devrait venir ici ! »

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LAPRESSE

    « J’aime ça faire une différence dans la vie des gens, et il y a une bonne énergie ici ! », confie d’emblée la fêtée, qui en est à sa troisième expérience de bénévolat avec son père. Il faut dire qu’il a l’enthousiasme convaincant : « Il m’inspire, dit-elle, il nous en parle 15 minutes à tous les soupers, sans joke, pour nous dire à quel point on devrait venir ici ! »

  • Les amis, de leur côté, n’avaient jamais fait de bénévolat de leur vie (sauf « obligés » au secondaire !) Mais de toute évidence, ils semblent ici convertis : « On n’a pas tant de moyens de se voir autre que dehors à - 40 °C), alors c’est le fun, en plus Noël, c’est une période pour donner, confie Chloé (au centre). Et pendant la pandémie, c’est encore plus important. Tant de gens ont perdu leurs jobs ! »

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LAPRESSE

    Les amis, de leur côté, n’avaient jamais fait de bénévolat de leur vie (sauf « obligés » au secondaire !) Mais de toute évidence, ils semblent ici convertis : « On n’a pas tant de moyens de se voir autre que dehors à - 40 °C), alors c’est le fun, en plus Noël, c’est une période pour donner, confie Chloé (au centre). Et pendant la pandémie, c’est encore plus important. Tant de gens ont perdu leurs jobs ! »

  • « Quand tout s’est arrêté, j’avais du temps, reprend Vincent Gourd, producteur et agent d’artistes. Alors je suis venu ici et j’ai adoré mon expérience. […] Je me suis senti bien d’aider le monde, d’être dans le feu de l’action. […] C’est une expérience concrète super gratifiante. » Aujourd’hui, même si ses affaires ont repris, il se fait un devoir de venir une journée par semaine. « Le mercredi, je viens à Moisson Montréal. J’annule tous mes meetings. » Il a aussi traîné amis, collègues, et plusieurs proches.

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    « Quand tout s’est arrêté, j’avais du temps, reprend Vincent Gourd, producteur et agent d’artistes. Alors je suis venu ici et j’ai adoré mon expérience. […] Je me suis senti bien d’aider le monde, d’être dans le feu de l’action. […] C’est une expérience concrète super gratifiante. » Aujourd’hui, même si ses affaires ont repris, il se fait un devoir de venir une journée par semaine. « Le mercredi, je viens à Moisson Montréal. J’annule tous mes meetings. » Il a aussi traîné amis, collègues, et plusieurs proches.

  • Et Moisson Montréal en a bien besoin. Depuis le début de la pandémie, on estime que la demande a augmenté de 30 à 50 %. Entre le 1er avril et le 30 novembre seulement, l’organisme a fourni pour plus de 75 millions de dollars en nourriture aux 250 organismes communautaires accrédités (Le Chaînon, la Mission Old Brewery, etc.). « C’est 21 millions de dollars en nourriture de plus que l’an dernier », confie le directeur général, Richard Daneau.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LAPRESSE

    Et Moisson Montréal en a bien besoin. Depuis le début de la pandémie, on estime que la demande a augmenté de 30 à 50 %. Entre le 1er avril et le 30 novembre seulement, l’organisme a fourni pour plus de 75 millions de dollars en nourriture aux 250 organismes communautaires accrédités (Le Chaînon, la Mission Old Brewery, etc.). « C’est 21 millions de dollars en nourriture de plus que l’an dernier », confie le directeur général, Richard Daneau.

  • Une augmentation en matière de besoins alimentaires absolument « gigantesque », confirme Richard Daneau, qui rejoignait déjà, prépandémie, 68 237 personnes par mois (en offrant du dépannage alimentaire), parmi lesquels 35 % d’enfants. « Le côté très triste de la COVID-19, c’est ça. Le côté lumineux, c’est que comme société, on a été capable d’offrir ce service et d’y répondre en grande partie. »

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LAPRESSE

    Une augmentation en matière de besoins alimentaires absolument « gigantesque », confirme Richard Daneau, qui rejoignait déjà, prépandémie, 68 237 personnes par mois (en offrant du dépannage alimentaire), parmi lesquels 35 % d’enfants. « Le côté très triste de la COVID-19, c’est ça. Le côté lumineux, c’est que comme société, on a été capable d’offrir ce service et d’y répondre en grande partie. »

  • Faut-il le rappeler, Moisson Montréal est un « grossiste alimentaire communautaire », comme le dit Richard Daneau, qui gère les surplus de l’industrie (l’Union des producteurs agricoles et autres Kraft de ce monde), en les redistribuant aux organismes venant en aide aux individus dans le besoin. Et ils sont nombreux : au Québec, on estime qu’une personne sur six souffre d’insécurité alimentaire.

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    Faut-il le rappeler, Moisson Montréal est un « grossiste alimentaire communautaire », comme le dit Richard Daneau, qui gère les surplus de l’industrie (l’Union des producteurs agricoles et autres Kraft de ce monde), en les redistribuant aux organismes venant en aide aux individus dans le besoin. Et ils sont nombreux : au Québec, on estime qu’une personne sur six souffre d’insécurité alimentaire.

  • D’où la grande question : si la crise se poursuit, « serons-nous capables de maintenir le tempo pendant des mois ? » Arrivera-t-on à continuer de répondre à cette demande, qui va croissant ? Chose certaine, nos jeunes bénévoles ont bien l’intention de revenir. « Je trouve ça vraiment cool. Moi aussi, j’aimerais peut-être faire ma fête ici ! » Vous voulez donner du temps ? Écrivez ici : benevolat@moissonmontreal.org, ou contactez un organisme communautaire dans votre quartier à Montréal (https://www.cabm.net/) ou ailleurs au Québec (https://www.jebenevole.ca/).

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    D’où la grande question : si la crise se poursuit, « serons-nous capables de maintenir le tempo pendant des mois ? » Arrivera-t-on à continuer de répondre à cette demande, qui va croissant ? Chose certaine, nos jeunes bénévoles ont bien l’intention de revenir. « Je trouve ça vraiment cool. Moi aussi, j’aimerais peut-être faire ma fête ici ! » Vous voulez donner du temps ? Écrivez ici : benevolat@moissonmontreal.org, ou contactez un organisme communautaire dans votre quartier à Montréal (https://www.cabm.net/) ou ailleurs au Québec (https://www.jebenevole.ca/).

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