Au cours des dernières années, des petits comptoirs-épiceries de quartier se sont multipliés à Montréal. Quand on va y faire des courses, on s’y sent bien. En cette période de pandémie, c’est comme une gâterie du quotidien.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Il suffit d’entrer au Comptoir Sainte-Cécile, dans Villeray, ou dans la boutique-épicerie du Butterblume, dans le Mile End, pour sentir le réconfort. Le décor est beau. Tout est appétissant. Et il y a l’odeur des plats qui mijotent dans la cuisine.

Épiceries de quartier ? Cafés-traiteurs nouveau genre ? « Un concept hybride », dit à tout le moins Ségué Lepage, copropriétaire du Comptoir Sainte-Cécile. « Un dépanneur deluxe », ajoute Julie Romano, copropriétaire du Butterblume.

  • Le Butterblume propose un assortiment de vins et de cidres d’ici

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Le Butterblume propose un assortiment de vins et de cidres d’ici

  • L’intérieur du Butterblume, boulevard Saint-Laurent à Montréal

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    L’intérieur du Butterblume, boulevard Saint-Laurent à Montréal

  • Les tentations y sont nombreuses…

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    Les tentations y sont nombreuses…

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Quand on passe y chercher une salade ou un plat à réchauffer, il est difficile de résister aux nombreuses tentations. On veut goûter aux derniers arrivages de vins du Québec, de cidres ou de bières de microbrasserie. Il y a un biscuit au chocolat blanc qui nous fait de l’œil. Un gravlax qui serait si bon en apéro ou pour le brunch. Une soupe qui pourrait enjoliver une journée froide de télétravail.

On n’entre pas dans ces comptoirs-épiceries comme on entre dans un supermarché ou un dépanneur. On y va pour bien manger, mais aussi pour se faire du bien.

Vu la fermeture de leur salle à manger imposée par le gouvernement, de nombreux restaurants ont par ailleurs aménagé des comptoirs-épiceries : le Montréal Plaza, le Meson, le Moccione… Le Damas ouvrira par ailleurs une annexe (café et pour emporter) au printemps dans l’ancien local du restaurant Les Fillettes, avenue Van Horne.

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Ségué Lepage et Adèle Prud’homme, copropriétaires du Comptoir Sainte-Cécile, dans Villeray

Au Comptoir Sainte-Cécile, on mise sur des plats relativement simples (lasagne aux crevettes nordiques, croquettes de chou-fleur) cuisinés avec la même minutie qu’un grand restaurant, explique le copropriétaire Ségué Lepage.

Les gens nous demandent pourquoi nos soupes sont si bonnes et quel est l’ingrédient mystère. C’est simplement parce que l’assaisonnement est juste au dixième de gramme près.

Ségué Lepage, copropriétaire du comptoir Sainte-Cécile

« Avec la pandémie, notre épicerie a vraiment pris sa raison d’être », indique Julie Romano, copropriétaire du Butterblume. Parmi les nombreux plats prêts à réchauffer du chef Jens Ruoff, on retrouve des classiques du restaurant, dont les raviolis allemands que l’on réchauffe dans un bouillon et auxquels on ajoute des oignons caramélisés.

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Julie Romano, Jens Ruoff et Nadine Boudreau, copropriétaires du Butterblume

La boutique-épicerie se trouve dans le local voisin du restaurant, devant la cuisine de production. À l’origine, c’était un pari somme toute assez risqué, relate Julie Romano. C’est un concept plus commun sur la côte Ouest, à Seattle, San Francisco ou Los Angeles. « Ici, il nous fallait un permis d’épicerie. »

Veux-tu une bière ?

La boutique Veux-tu une bière ? — spécialisée en devinez quoi — célèbre son 10e anniversaire. Force est de constater que Patrice Lavoie a été visionnaire quand lui et Carl Péloquin ont ouvert la première succursale dans un coin plutôt tranquille du quartier Villeray, en 2011, sur la rue de Liège.

Patrice Lavoie voulait « faire un modèle alternatif de magasin, plus convivial et coloré qu’une épicerie, avec des produits de proximité de plus grande qualité qu’un dépanneur », a-t-il écrit récemment sur Facebook. Or, il fallait « des heures d’ouverture plus accessibles qu’une épicerie fine » pour créer « une place parfaite pour aller là chercher la meilleure bière, un délicieux fromage du Québec et une baguette du boulanger du quartier, même à 22 h 30 ».

Acheter local

Ségué Lepage, du Comptoir Sainte-Cécile, constate que la pandémie a vraiment conscientisé les gens aux commerces de proximité et à l’achat local. « Après l’appel du gouvernement Legault, je dirais qu’un client sur trois entrait et disait : “je ne connais pas ça, mais je veux du vin québécois.” »

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Les copropriétaires du comptoir Sainte-Cécile constatent que la pandémie a sensibilisé les gens à l’achat local.

Alors qu’on prône la consommation responsable, vivement le geste d’offrir en cadeau un beau produit alimentaire québécois, ajoute Julie Romano, du Butterblume.

Recevoir (ou s’offrir) un bon plat cuisiné, c’est aussi (se) donner du temps, voire du répit.

Parmi les clients du Butterblume ou du Comptoir Sainte-Cécile, il y a par ailleurs des parents qui font le plein pour leurs enfants en fin de session, ou encore des employés d’un bureau qui veulent offrir des plats à une collègue qui vient de donner naissance ou qui a des ennuis de santé. « Il y a des gens qui nous appellent de l’extérieur du pays pour offrir des chèques-cadeaux à des proches à Montréal », signale Julie Romano.

En voilà de bonnes idées…