(Lyon) La Cité internationale de la gastronomie de Lyon, inaugurée en octobre 2019 et consacrée à l’art culinaire, ferme définitivement ses portes, victime de la crise sanitaire, selon sa direction.

Agence France-Presse

« Face à l’incertitude de l’évolution économique et touristique et malgré tous nos efforts pour la sauvegarder, nous avons pris la décision de ne pas rouvrir la Cité et d’arrêter définitivement son exploitation », explique-t-elle dans un communiqué.

Déjà critiqué pour son prix d’entrée et son manque de contenu, cet ensemble abrité dans le Grand Hôtel-Dieu — un ancien hôpital fermé en 2010 et reconverti en site commercial et hôtelier — n’avait pas rouvert après le déconfinement.

Dirigée par Florent Bonnetain et exploitée par le groupe espagnol MagmaCultura, la Cité a subi « les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus », selon ce dernier.

Le chef étoilé Régis Marcon, qui a présidé le Comité d’orientation stratégique de l’établissement avant de devenir parrain de la Cité l’an dernier, a confié ne « pas être surpris » par cette fermeture.

« Scénographie loupée »

« Le démarrage ne s’est pas bien passé ; la scénographie était loupée. Il y avait un manque de lisibilité ; l’exposition n’allait pas dans le sens populaire et manquait de ligne directrice, même s’il y avait des choses réussies comme l’espace enfants », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Il n’y avait pas assez de cuisine, pas assez d’expérience et de communication avec le public », a-t-il ajouté, regrettant que l’espace soit devenu « un peu prétentieux et flou ».

Portée par la Ville et la Métropole de Lyon, avec 2 millions d’euros chacune, et par le mécénat à hauteur de 10,5 millions, la Cité de la gastronomie adossée aux nouvelles Halles de Lyon espérait recevoir 300 000 visiteurs par an.

« On n’a fait que 150 000 entrées depuis l’ouverture, dont de nombreuses non payantes d’écoliers et étudiants. On ne peut pas survivre comme ça », a commenté le chef Marcon.

La Cité, conçue autour d’un parcours permanent et d’expositions temporaires, présentait différentes façons de concevoir la gastronomie dans le monde et offrait une plongée à la table des grands chefs emblématiques de Lyon, avec des expositions d’objets rares comme le légendaire piano d’une tonne de feu Paul Bocuse.

L’entrée de ce lieu construit sur quatre niveaux sur une surface totale de 4000 m2 coûtait 12 euros (18 $) et il fallait s’acquitter du double pour participer aux dégustations proposées par les chefs.

M. Marcon s’est dit « optimiste » pour l’avenir du lieu. « Les conditions sont réunies pour assurer un renouveau sans investir des sommes astronomiques. Avec les nouvelles autorités à la mairie et à la métropole, on peut relancer la Cité, avec leur vision. Il y a vraiment quelque chose à faire sur le thème de l’alimentation et la santé ».

Pour l’heure, le nouvel exécutif écologiste de la Métropole de Lyon a pris acte de la fermeture, qui « confirme que ce projet n’était pas viable dès sa genèse, une situation amplifiée par la COVID ».

« L’avenir du lieu sera étudié en lien étroit avec les parties prenantes du projet, dont les mécènes », a déclaré le président de la collectivité, Bruno Bernard, qui voit là « une opportunité » pour les habitants « de se réapproprier ce lieu emblématique » qui a vu naître un Lyonnais sur trois.