Marchés Goodfood, la plus grosse entreprise de prêt-à-cuisiner au Canada, lance aujourd’hui une boîte entièrement réutilisable avec l’objectif, à terme, qu’elle soit adoptée par le quart de ses 200 000 clients disséminés à travers le pays.

Katia Gagnon Katia Gagnon
La Presse

L’entreprise a planché pendant près d’un an sur le développement d’une boîte faite de plastique expansé et y a consacré 100 000 $. « C’est un tout nouveau produit. Ça n’existait pas, ce genre de boîtes », souligne Philippe Adam, directeur financier de l’entreprise.

La nouvelle boîte verte de Goodfood est beaucoup plus légère qu’une glacière traditionnelle — elle est faite à 95 % d’air — mais néanmoins résistante. Elle pourra servir environ une centaine de fois et, à l’issue de sa vie utile, sera reprise par l’entreprise québécoise qui l’a conçue pour être entièrement recyclée.

Quelques centaines de clients, les plus fidèles de l’entreprise, ont testé cette nouvelle boîte au cours des dernières semaines. D’ici un mois, Goodfood prévoit de la rendre accessible à 2000 personnes au pays et, d’ici un an, d’offrir la boîte réutilisable à tous les clients vivant dans les grands centres.

L’objectif de l’entreprise est que 25 % des clients optent pour ce nouveau produit, donc autour de 50 000 ménages clients. 

On aimerait que ce soit 100 %. Les gens nous demandent de réduire les emballages, mais quand on leur propose un mode de fonctionnement, ils trouvent parfois ça trop compliqué.

Philippe Adam, directeur financier de Goodfood

Si ces chiffres se concrétisent, Goodfood calcule qu’on pourra éviter la distribution de 5 millions de boîtes de carton et de 7 millions de blocs réfrigérants à usage unique sur la durée de vie des boîtes réutilisables, qu’on estime à quatre ans.

Le client devra verser 50 $ en consigne pour avoir accès à ce nouveau produit. Ensuite, il n’a qu’à déposer la boîte, tout comme le bloc réfrigérant qu’elle contient, sur son balcon le jour prévu pour sa nouvelle livraison. Elle sera reprise et ramenée chez Goodfood. Cette opération de retour a été l’élément le plus compliqué à planifier de toute l’opération. « On a une trentaine de partenaires à travers le pays pour la livraison et quatre entrepôts. »

Des entreprises critiquées

Cependant, à l’intérieur de la boîte, on retrouve les mêmes sacs-repas en plastique de Goodfood avec les ingrédients qui composent chaque repas, dont plusieurs petits emballages de plastique. Pourquoi ne pas avoir rendu la nouvelle boîte entièrement réutilisable, comme le font certains concurrents de Goodfood ? « On s’en va vers ça. Notre objectif est de réduire de 50 % l’usage de plastique dans les boîtes. Mais il faut que ce soit fait dans un matériel durable », précise Philippe Adam. Dans un avenir proche, les sacs-repas pourraient notamment être faits de papier et rendus compostables. Goodfood offre déjà à ses clients de reprendre leur boîte-repas en carton, qui est rapportée chez Cascades pour être entièrement recyclée.

Les entreprises de prêt-à-cuisiner qui se sont multipliées au pays sont l’objet de critiques pour les déchets qu’elles produisent.

Un certain pourcentage de clients n’utilisaient pas nos services parce qu’ils pensent que c’est mauvais pour l’environnement.

Philippe Adam, directeur financier de Goodfood

Il souligne cependant les avantages de la formule pour la réduction du gaspillage alimentaire ainsi que le nombre de visites à l’épicerie.

Il n’en demeure pas moins que les blocs réfrigérants jetables, les emballages de plastique, les bouteilles et sachets en tout genre, tout cela finit souvent aux poubelles, puisque même les centres de tri les classent comme des rejets, a démontré une récente enquête de La Presse. En un mois et douze repas pour sa famille, celle qui signe ces lignes avait récolté pas moins de 164 emballages différents, dont la plupart ne pouvaient être recyclés.

Relisez l’enquête « Crouler sous les emballages »