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Le combat d'un écologiste américain

Bill McKibben... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE)

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Bill McKibben

PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE

L'influent écologiste américain Bill McKibben est de passage à Montréal. Le principal opposant au projet de pipeline Keystone XL est venu recruter des manifestants pour une grande marche à New York, le 21 septembre prochain, à la veille d'un Sommet des Nations unies sur le climat. La Presse l'a interviewé.

Q Vous combattez depuis des années le projet de pipeline Keystone XL, mais le projet Énergie Est, qui doit relier l'Alberta au Nouveau-Brunswick en passant par le Québec, aura une capacité de transport encore plus grande. Avez-vous perdu votre combat ?

R Les pétroliers essaient toujours de trouver quelqu'un à duper avec leurs projets de pipeline. Les gens de la Colombie-Britannique ne voulaient pas du Northern Gateway, maintenant ils veulent voir si les gens du Québec vont vouloir du projet Énergie Est. Mais tous ces projets ont une chose en commun : ils permettent l'expansion des sables bitumineux. Et il faut donc les combattre.

Q L'industrie pétrolière et même le gouvernement Harper déplorent les campagnes d'écologistes étrangers comme vous qui, disent-ils, nuisent au développement économique du Canada. Ils font valoir qu'on permet bien aux pétroliers de se rendre en Alaska ou en Californie, mais pas en Colombie-Britannique ou au Québec. Que répondez-vous à cela ?

R Il faut combattre tous les projets qui sont incompatibles avec la stabilisation du climat. C'est pour cela que mon organisation (350.org) s'y oppose où qu'ils soient dans le monde. On s'oppose aux ports d'exportation de charbon sur la côte Ouest des États-Unis. On s'oppose à l'expansion des mines de charbon en Australie. Et bien sûr on s'oppose aux sables bitumineux. Il y a six ou sept mégaprojets comme cela sur la planète qu'il faut bloquer si on veut respecter l'équation climatique. Et celle-ci est très claire : il faut que ce carbone reste dans le sol. Aujourd'hui, tout le monde le reconnaît, de la Banque mondiale à l'Agence internationale de l'énergie. Mais c'est un calcul que Harper ne veut pas entendre.

Q Qu'attendez-vous du Sommet sur le climat à l'ONU à la fin du mois ?

R Quand Ban Ki-moon a convié les leaders du monde entier à New York, nous nous sommes dit que les leaders n'accompliraient rien si on n'était pas là. C'est l'idée derrière la grande marche pour le climat que nous organisons. Cela promet d'être la plus grosse manifestation sur le climat de toute l'histoire.

Q Mais ne croyez-vous pas que l'ONU sera obnubilée par l'actualité internationale, avec les événements en Ukraine, au Moyen-Orient et la crise de l'Ebola en Afrique ?

R Chaque jour qui passe, il y a toujours un événement qui est momentanément plus important que la crise climatique, mais chaque jour, il n'y a rien de plus important que de changer ce que nous faisons actuellement à ce sujet.

Q Y a-t-il des signes montrant que ces changements sont en train de se produire ?

R L'Allemagne est en train de nous montrer que le problème est loin d'être insoluble. Il y a eu des périodes cet été où l'énergie solaire a fourni 75 % de l'électricité. Si on peut faire ça en Allemagne, on peut certainement le faire en Californie et ailleurs sur notre continent.




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