Une quarantaine d'élus municipaux d'un peu partout au Québec joignent leur voix au mouvement réclamant la modernisation du système québécois de la consigne.

JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ LA PRESSE

Des maires et des mairesses, mais aussi des conseillers et des conseillères de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de l'Estrie et de la Montérégie cosignent une lettre publiée aujourd'hui demandant au nouveau gouvernement de François Legault «poser un geste fort» pour le développement durable.

Ces élus estiment qu'il est «essentiel» d'élargir la consigne aux contenants de boisson en plastique et en verre, mais aussi d'en augmenter le montant afin de la rendre plus attrayante et d'aider les détaillants qui doivent la gérer.

Il s'agit à leurs yeux d'une «solution toute simple» à la «crise du recyclage» qui sévit depuis l'an dernier.

«On a tous été affectés par ça et certains plus que d'autres», a expliqué à La Presse Loïc Blancquaert, conseiller municipal à Saint-Lambert et initiateur de l'appel, évoquant la réouverture des contrats exigée par certains centres de tri dans la foulée de la crise.

Certains signataires proviennent de municipalités qui «ont déjà adopté des résolutions formelles transmises au ministère de l'Environnement», explique M. Blancquaert ; les autres travaillent à le faire prochainement.

«Le ministre de l'Environnement a dit qu'il [présenterait] un plan dans les prochains mois», rappelle-t-il, disant avoir voulu profiter du «momentum». «On pensait qu'il était important de se positionner à ce moment-ci», poursuit-il.

Les signataires estiment que la consigne est la meilleure façon de régler le problème de contamination des matières recyclables qui a entraîné la crise du recyclage.

La consigne «crée une valeur» en permettant la récupération du verre et du plastique «en filière séparée», explique M. Blancquaert.

Inversement, moderniser les centres de tri pour en améliorer la performance requerra des investissements publics, déplore-t-il.

Un mouvement qui grandit

L'appel de ces élus municipaux fait suite à celui de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui réclamait elle aussi il y a un mois la modernisation de la consigne.

L'organisme qui regroupe 82 municipalités totalisant la moitié de la population du Québec demandera bientôt officiellement à Québec d'élargir la consigne aux bouteilles de vin et d'eau, rapportait La Presse.

La commission de l'environnement de la CMM déposera ce mois-ci un rapport qui recommande la modification du plan de gestion des matières résiduelles pour détourner ces matières de la collecte sélective au profit de la consigne.

La proposition, qui devrait normalement recevoir l'approbation des élus, fera ensuite l'objet d'une consultation publique, au printemps, puis d'une analyse de Recyc-Québec pour vérifier qu'elle est conforme à la législation québécoise.

Le ministre de l'Environnement aura ensuite quatre mois pour l'approuver ou la rejeter.