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Un virage majeur attendu pour sortir de la crise du recyclage

La valeur des ballots de papier a chuté... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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La valeur des ballots de papier a chuté drastiquement au cours de la dernière année.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Aménager un nouveau centre de tri à la fine pointe de la technologie. Trouver des débouchés au Québec pour les matières recyclées. Sensibiliser les Montréalais à l'importance de mieux recycler. Montréal dit vouloir faire prendre un virage majeur au recyclage afin de sortir de la crise dans laquelle l'industrie se trouve actuellement plongée.

Le prix des matières recyclées s'est effondré depuis les restrictions imposées en début d'année par la Chine sur leur importation. Les ballots de papier sortant du centre de tri de Montréal se vendent seulement 17 $ la tonne, alors qu'ils valaient plus de 150 $ il y a un an à peine, relate Jean-François Parenteau, élu responsable du recyclage au sein de l'administration Plante.

«On a eu de belles années, on faisait du recyclage à la facile. On prenait les matières, on les emballait et on les envoyait en Chine en faisant un peu de sous. Ce n'est plus le cas», constate M. Parenteau.

Miser sur la technologie

La Ville de Montréal devra prendre des mesures majeures pour sortir de cette crise. La métropole, qui construit un nouveau centre de tri à Lachine, un projet de 53,5 millions, compte revoir les standards de traitement dans l'entreprise responsable des opérations. «On va exiger des standards de qualité, il y aura une obligation de qualité. [...] Le centre sera à la fine pointe de la technologie, ce ne sera pas comparable à ce qu'on a actuellement», indique M. Parenteau. La Ville vise notamment à ce que les ballots sortant du futur centre de tri affichent moins de 1% de contamination.

Nouveaux marchés

Montréal dit aussi vouloir développer de nouveaux marchés pour écouler ses matières recyclées. Actuellement, les deux tiers sont exportés, principalement en Chine. «C'est clair qu'on doit revoir notre modèle d'affaires, il faut diversifier nos marchés», constate l'élu.

Mais pas besoin d'aller loin pour trouver de nouveaux marchés : il y a des occasions à saisir ici même au Québec, estime M. Parenteau. «On pourrait devenir fournisseur des papetières d'ici, comme Kruger. On pourrait leur dire : "C'est quoi que vous cherchez et on va développer le produit dont vous avez besoin." On a la matière première pour les alimenter.» Montréal produit de 150 000 à 160 000 tonnes de papier recyclé par année.

Mieux éduquer

Jean-François Parenteau indique également que la Ville devra mieux informer les Montréalais sur ce qu'ils peuvent recycler et ce qu'ils doivent mettre aux poubelles. «La boîte de pizza graisseuse qu'on met au recyclage ne contamine pas juste le bac, ça contamine le camion, c'est la chaîne au complet que l'on contamine», dit-il.

Trouver une solution durable à la crise afin de valoriser les matières recyclables s'impose pour éviter de voir s'évanouir les gains faits dans le recyclage ces dernières années, dit Jean-François Parenteau. Actuellement, 60% des matières recyclables sont récupérées, l'objectif étant d'atteindre 70%. Mais envoyer les matières à l'enfouissement si aucune solution à la crise n'est trouvée risque de nuire.

«L'enfouissement peut être une solution facile. Mais au-delà de l'aspect financier, il y a un aspect moral. Il y a un message, dit M. Parenteau. On demande aux gens d'améliorer leur comportement, mais si on envoie à l'enfouissement, l'impact serait terrible. On reculerait de 10 ans.»




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