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La Grande barrière a perdu la moitié de ses coraux

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Les cyclones tropicaux de forte intensité - 34 au total depuis 1985 - sont responsables de près de la moitié (48 %) de la dégradation de la Grande barrière, suivis par l'acanthaster pourpre (42 %), une étoile de mer invasive également appelée « couronne d'épines », qui dévore les coraux.

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Agence France-Presse
Sydney

La Grande barrière de corail en Australie a perdu plus de la moitié de ses prairies coralliennes au cours des 27 dernières années sous l'effet des tempêtes, de la prédation d'étoiles de mer et du blanchiment lié au réchauffement climatique, a révélé mardi une étude australienne.

 

 

 

 

Et le récif pourrait continuer à se détériorer dans les mêmes proportions d'ici 2022 si rien n'était fait pour le protéger, selon les scientifiques de l'Australian Institute of Marine Science (Institut océanographique d'Australie, AIMS) et de l'Université de Wollongong (État de Nouvelle-Galles du Sud).

« La perte de la moitié de la couverture corallienne originelle est une source de grande préoccupation, car elle est synonyme de perte d'habitat pour des dizaines de milliers d'espèces » marines, estiment les chercheurs qui ont compilé 2258 études scientifiques conduites depuis près de trois décennies sur ce phénomène.

Les cyclones tropicaux de forte intensité - 34 au total depuis 1985 - sont responsables de près de la moitié (48 %) de la dégradation de la Grande barrière, suivis par l'acanthaster pourpre (42 %), une étoile de mer invasive également appelée « couronne d'épines », qui dévore les coraux.

Enfin deux épisodes graves de blanchiment en 1998 et 2002 liés au réchauffement des océans ont également eu « un impact néfaste important » sur les portions centrales et septentrionales du récif, note l'étude.

Son co-auteur, Hugh Sweatman, affirme toutefois que le corail pourrait se reconstituer.

« Mais la reconstitution prend entre 10 et 20 ans. Actuellement, les intervalles de temps entre les nuisances sont en général trop courts pour une reconstitution complète et c'est ce qui entraîne les pertes à long terme », explique-t-il.

Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981, la Grande barrière s'étend sur environ 345 000 km2 le long de la côte est australienne, et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde avec 3000 « systèmes » récifaux et des centaines d'îles tropicales.

Elle abrite 400 espèces de coraux, 1500 espèces de poissons, 4000 espèces de mollusques et de nombreuses espèces en danger comme le dugong et la grande tortue verte.

Les deux tiers des pertes coralliennes ont été observées depuis 1998. Le rythme des dégâts s'accélère et seuls trois des 214 récifs étudiés sont intacts.

« La fréquence et l'ampleur du blanchiment massif des coraux sont très inquiétants et procèdent directement de la hausse (des émissions) des gaz à effet de serre », affirme l'étude publiée dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences.

« Le contrôle du réchauffement mondial et de l'acidification des océans est primordial pour l'avenir de la Grande barrière ».

À court terme, les efforts doivent être portés sur la lutte contre l'acanthaster. Sa prolifération est alimentée par les nitrates agricoles rejetés en mer qui favorisent l'apparition d'algues servant à la ponte de l'étoile, souligne le directeur de l'AIMS, John Gunn.

« On ne peut pas arrêter les tempêtes, mais on doit pouvoir arrêter l'étoile de mer », sans laquelle le récif corallien se régénérerait de 0,89 % par an, selon lui.




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