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Projet Gazoduq: tous les GES devront être évalués

Le corridor proposé pour le gazoduc, entre l'Ontario... (IMAGE TIRÉE DU SITE DE GAZODUQ)

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Le corridor proposé pour le gazoduc, entre l'Ontario et le Saguenay.

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PATRICE BERGERON
La Presse canadienne
Québec

Le projet de gazoduc et de terminal de gaz naturel au Saguenay devra se plier à des exigences inédites : son impact environnemental doit être évalué dans son ensemble, de l'extraction des hydrocarbures jusqu'à leur exportation.

Cette exigence, qui réjouit Greenpeace, ressort d'un document du ministère de l'Environnement obtenu par La Presse canadienne mercredi. Il s'agit d'une synthèse de 272 pages qui résume les consultations publiques tenues pendant un mois, du 19 décembre 2018 au 18 janvier 2019, sur le projet appelé Gazoduq.

Ce projet évalué à pas moins de 14 milliards consiste en la construction d'un gazoduc de 750 km qui irait de l'Ontario jusqu'à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe.

Une directive indique que l'étude d'impact de Gazoduq devra faire état des observations et enjeux soulevés dans les consultations publiques.

« En amont et en aval »

Or on peut lire dans la synthèse des consultations qu'il faut « quantifier les gaz à effet de serre (GES) » qui seront non seulement émis par le projet, mais aussi émis « en amont et en aval ».

Il faudra aussi déterminer « la provenance et la composition du gaz naturel qui sera transporté », et spécifier si l'extraction du gaz en Alberta se fera par une « exploitation conventionnelle ou avec fracturation hydraulique », soit le procédé utilisé pour extraire des gaz de schiste.

Greenpeace se réjouit des conclusions de ce document. Selon l'organisme, c'est la première fois que le gouvernement exige de produire une analyse des émissions de GES qui touche « l'ensemble du cycle de vie » d'un projet.

« L'entreprise devra fournir une évaluation des GES, soit la production en amont du projet, en Alberta par exemple, et en aval, une fois que ce gaz-là est transporté et brûlé quelque part, a expliqué le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, en entrevue avec La Presse canadienne. C'est ce qu'on demande et ce que le gouvernement fédéral refuse toujours de faire. »

« Effets cumulatifs »

Cette synthèse colligée par le ministère redonne « un brin de confiance » à l'égard du processus d'évaluation environnementale et « la volonté du gouvernement de faire la lumière sur l'ensemble des impacts potentiels », a commenté M. Bonin.

En outre, le document demande que le promoteur du projet explique comment il se justifie dans un contexte de transition énergétique, dans la foulée de l'Accord de Paris sur les changements climatiques et ses objectifs de réduction de GES.

Également, une observation réclame une « évaluation des effets cumulatifs », soit le projet dans son contexte. Avec d'autres projets, comme Ariane Phosphate, il entraînera une augmentation du trafic maritime sur le Saguenay et dans l'estuaire, l'habitat du béluga, donc quel sera l'impact sur ce mammifère marin ? a illustré M. Bonin.

« Besoin d'investissement »

Ce mercredi en Chambre, le premier ministre François Legault a toutefois exprimé clairement un préjugé favorable envers le projet. Il a rappelé l'ampleur des investissements projetés, qui créeraient des « emplois très payants » au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Il faut rappeler qu'il s'agit d'un oléoduc de gaz, pas de pétrole, mais bien de gaz. On va s'assurer que toutes les vérifications environnementales soient faites. Mais on a besoin d'investissement comme celui-là au Québec. »

Soulignons qu'une dizaine de lobbyistes s'activent actuellement au nom de l'entreprise pour faire accepter le projet, comme l'avait rapporté La Presse canadienne en janvier.

Rejet du BAPE

Le porte-parole péquiste en environnement, Sylvain Gaudreault, a condamné la déclaration de M. Legault, qui laisse entendre selon lui que le promoteur pourrait jouir d'une autorisation rapide.

« Ça ne respecte pas les institutions, a déploré M. Gaudreault, qui est député de Jonquière, au Saguenay. On s'est donné des institutions comme le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et le premier ministre rejette ça. »

En entrevue avec La Presse canadienne mercredi au parlement, il a dit essayer de comprendre la « logique de l'énergie sale » de M. Legault : il a rappelé que le premier ministre avait pourtant déjà condamné comme « énergie sale » les sables bitumineux, dans la relance potentielle du projet de pipeline d'Énergie Est, alors que le projet de gazoduc vers le Saguenay s'approvisionnera dans l'Ouest.

M. Gaudreault a aussi évoqué qu'il avait lui-même demandé dès le mois de novembre un BAPE sur tout le projet, gazoduc et usine, avec évaluation en aval et en amont.




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