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Sables bitumineux: un projet de 13,5 milliards se concrétise

La société Suncor soutient que le projet Fort... (PHOTO ARCHIVES PC)

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La société Suncor soutient que le projet Fort Hills, dans les cartons depuis 2002, a déjà reçu toutes les autorisations provinciales requises.

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Les sociétés Suncor et Total ont annoncé hier qu'elles allaient de l'avant avec un superprojet de 13,5 milliards qui deviendra l'une des plus grosses mines à ciel ouvert de sables bitumineux.

Le projet Fort Hills était dans les cartons depuis 2002. Selon Suncor, il a déjà reçu toutes les autorisations provinciales requises.

La production devrait démarrer en 2017 et atteindre son plein rendement, soit 180 000 barils par jour, en 2018. Cela ferait de la mine Fort Hills la troisième en importance, ex aequo avec une autre mine de Suncor.

Le gisement Fort Hills est considéré comme le plus important encore non exploité dans les régions des sables bitumineux.

Une menace écologique

Mais son exploitation aura de graves conséquences, selon Karen Campbell, d'Alberta Wilderness.

«On croit que ce projet va presque certainement détruire la plus grande région de milieux humides et de tourbières en Alberta, dit-elle, entrevue avec La Presse. C'est une région d'une biodiversité exceptionnelle.»

Elle affirme que les mesures annoncées par les promoteurs du projet sont des «voeux pieux» et ne réussiront pas à préserver la qualité de l'eau essentielle à ces milieux naturels.

«Nous devrions attendre qu'il y ait des technologies moins dommageables, si on doit absolument exploiter cette ressource», dit-elle.

Dans une vidéo diffusée au moment de l'annonce, André Goffard, président-directeur général de Total E&P Canada, a reconnu que le projet impliquait de «travailler dans un milieu écologiquement très sensible».

Les suites de cette annonce seront scrutées à la loupe par les investisseurs institutionnels, affirme Ryan Salmon, responsable du programme Pétrole et Gaz au sein de Ceres.

Cet organisme a annoncé la semaine dernière qu'il avait écrit aux principales entreprises du secteur de l'énergie au nom d'une centaine d'investisseurs institutionnels au sujet de l'impact des changements climatiques sur la valeur de leurs investissements.

Ceres représente certains des plus importants régimes de retraite du monde.

«Notre lettre a été adressée entre autres à Total et à Suncor, dit-il. Les investisseurs commencent à s'interroger sur les investissements de l'industrie. Dans la dernière année, il y a plusieurs joueurs crédibles qui ont tenu un tel discours.»

Il cite entre autres un récent rapport de Citibank, qui prévoit un possible plateau dans la consommation d'essence en 2020, avec comme conséquence une chute des prix du brut. On observe déjà cette tendance aux États-Unis, qui ont adopté des normes plus exigeantes de consommation d'essence.

Une demande à la baisse?

Un autre rapport récent, de Goldman Sachs, prédit un prix du pétrole autour de 85$ le baril, ce qui serait insuffisant pour assurer la rentabilité de la plupart des grandes sociétés pétrolières.

«Il y a une possibilité qu'à l'avenir, la demande de pétrole va baisser et que le prix du baril sera plus bas que ce que les entreprises prévoient», dit-il.

Suncor affirme que l'investissement initial sera rentable tant que le prix du pétrole demeurera supérieur à 50$ ou 60$. Les coûts d'exploitation sont estimés de 20$ à 24$ par baril.

Cokéfaction à Montréal, une «option attirante»

L'ajout d'une usine de cokéfaction à la raffinerie Suncor à Montréal pour augmenter la capacité de traiter le pétrole lourd albertain, est une «option attirante», a affirmé hier Steve Williams, président et chef de la direction de Suncor, lors de la conférence téléphonique annonçant la future mine Fort Hills.

Il a précisé que le coût de cet ajout représentait seulement 25% à 30% d'un projet comparable qui partirait de zéro. Il dit que l'équipement de cokéfaction est déjà sur place et qu'il est entreposé sous une «couverture d'azote» afin d'être bien préservé.

Un analyste a remarqué que le lancement de la production à la mine Fort Hills coïncidera avec la mise en service du pipeline Energy East de Transcanada. «Que ce soit Energy East ou le renversement de la ligne 9 d'Enbridge, nous appuyons les deux projets», a répondu M. Williams.

Les partenaires de Fort Hills

> Suncor: 40,8%

> Total: 39,2%

> Teck: 20%




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