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Changements climatiques: «La terre a tremblé» à New York

De passage à Montréal, la diplomate qui préside... (Photo TINA FINEBERG, Agence France-Presse)

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De passage à Montréal, la diplomate qui préside les négociations climatiques, Christiana Figueres, est revenue sur la «semaine incroyable» qui s'est déroulée à New York et où la fondation Rockefeller Brothers a annoncé qu'elle allait quitter entièrement le secteur pétrolier.

Photo TINA FINEBERG, Agence France-Presse

La diplomate qui préside les négociations climatiques, Christiana Figueres, affirme que la «terre a tremblé» cette semaine à New York et que le sevrage de l'économie mondiale des énergies fossiles est désormais «irréversible».

Conférencière invitée hier par le Conseil des relations internationales de Montréal, Mme Figueres était visiblement stimulée par le Sommet des Nations unies sur le climat et la série d'événements qui ont eu lieu cette semaine à New York.

«Il y a eu d'abord cette incroyable marche de 400 000 personnes. À New York. Aux États-Unis d'Amérique! a-t-elle insisté.

«Puis, c'était la première fois de l'histoire qu'il y avait 120 chefs d'État réunis pour parler d'un seul et même sujet.»

Elle a ensuite énuméré les annonces provenant de «tout un chacun de secteurs de l'économie» pour appuyer la lutte contre les changements climatiques: foresterie, assurances, transports, agriculture, alimentation, etc.

«Il y a même eu six grosses sociétés pétrolières et gazières qui ont dit: «On sait qu'on fait partie du problème, mais on veut aussi faire partie de la solution.»»

Mme Figueres est directrice générale de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le grand traité signé à Rio en 1992.

Elle préside les négociations ardues qui doivent mener à l'adoption d'un cadre contraignant permettant de stabiliser le climat, l'an prochain à Paris.

C'est pour créer une impulsion vers cette échéance que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, avait convié les dirigeants du monde entier à New York cette semaine.

S'il faut en croire Mme Figueres, l'objectif est atteint.

Elle cite un point d'orgue dans cette «semaine incroyable»: l'annonce par la fondation Rockefeller Brothers qu'elle allait quitter entièrement le secteur pétrolier.

John D. Rockefeller a pratiquement créé l'industrie pétrolière avec la Standard Oil. Fondée en 1870, l'entreprise a été démantelée en 1911 en vertu des lois antitrust américaines. Elle a donné naissance à des sociétés devenues aujourd'hui Exxon, Mobil, Chevron, Amoco et d'autres.

La fondation Rockefeller Brothers détient encore aujourd'hui 860 millions US et ses dirigeants ont annoncé cette semaine qu'ils se joignaient à un groupe d'investisseurs totalisant 50 milliards d'actifs et qui vendent tous leurs actifs pétroliers.

«Il y a quelque chose dans l'air quand les Rockefeller prennent cette décision», a remarqué Mme Figueres.

Elle a ajouté qu'ici même à Montréal, la veille, des investisseurs ont annoncé qu'ils soumettraient 3000 milliards d'actifs à des audits d'émissions de gaz à effet de serre et publieraient le bilan carbone lié à leurs investissements.

«Tout le monde a finalement compris qu'il faut s'attaquer aux changements climatiques, soutient Mme Figueres. Nous nous dirigeons vers une économie faible en carbone. C'est irréversible.»

Le Québec en exemple

Mais il reste beaucoup de travail à faire d'ici la Conférence de Paris de 2015.

À ce sujet, Mme Figueres s'est réjouie de l'émergence de systèmes régionaux de réglementation de la pollution, comme celui du Québec, qui a lancé un marché du carbone. «Ce sont les piliers sur lesquels le cadre mondial de réglementation pourra s'appuyer, a-t-elle dit. Le monde regarde ce qui se passe ici.»

Elle demande du même souffle aux entités régionales comme le Québec et la Californie de ne pas jeter l'éponge face à leurs gouvernements nationaux. Elle affirme que dans la prochaine année, tous les gouvernements devront s'engager vis-à-vis du monde du point de vue de la lutte contre les changements climatiques et que, dans ce contexte, les systèmes régionaux pourront bien leur permettre de sauver la face.

Plus tard en entrevue, elle dira cependant que selon elle, le Canada n'est pas un obstacle à la conclusion d'une entente mondiale, en dépit de l'absence du premier ministre Stephen Harper au sommet onusien.

«J'ai entendu le premier ministre Harper cette semaine répéter ce que j'avais déjà entendu de la part du gouvernement canadien, c'est-à-dire que le Canada est d'accord avec l'idée d'un cadre contraignant qui s'appliquerait à tous», a-t-elle dit.




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