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GES: Ottawa aura fort à faire pour tenir parole

Une installation de la Syncrude, près des sables... (PHOTO BLOOMBERG)

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Une installation de la Syncrude, près des sables bitumineux d'Athabasca, en Alberta. Contrairement aux États-Unis, le Canada anticipe une hausse de la demande en pétrole dans les prochaines années.

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Le Canada risque d'avoir plus de difficultés que prévu à atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020. Et le défi sera encore plus grand après cette date. C'est le constat dressé par une équipe de fonctionnaires fédéraux, qui évaluent aussi que les changements climatiques pourraient coûter très cher à Ottawa et qu'une meilleure planification est nécessaire pour faire face aux défis des prochaines années.

Dans ce nouveau rapport, dont La Presse a obtenu copie en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, une équipe de fonctionnaires fédéraux soumettent leurs recommandations en matière d'énergie et d'environnement au secrétaire du Conseil privé, l'équivalent du cabinet du premier ministre Harper. Fait à noter, le rapport préparé par le comité sous-ministériel sur les changements climatiques, l'énergie et l'environnement contient de larges passages qui ont été caviardés avant d'être transmis à La Presse.

Le document laisse entendre qu'Ottawa risque de ne pas atteindre ses objectifs de 2020, établis dans le cadre de l'accord de Copenhague. Les fonctionnaires notent que les objectifs canadiens de réduction de GES s'harmonisent à ceux des États-Unis, mais que le Canada «fait face à de plus grands défis pour atteindre les objectifs de 2020 en raison de la hausse de la production pétrolière et gazière et de notre industrie hydroélectrique, alors que les États-Unis peuvent réduire leurs émissions à plus faible coût en remplaçant le charbon par le gaz naturel».

Le rapport note aussi que ces défis seront encore plus importants après 2020. «C'est une conséquence des prévisions pour la hausse de la demande pour des énergies fossiles, dictée par la production canadienne de pétrole et de gaz et les GES qui en découlent.»

Selon les fonctionnaires, du travail reste à faire pour établir le programme canadien en matière de changement climatique au-delà de 2020. Ils estiment aussi que le pays pourrait envisager une collaboration plus soutenue avec les États-Unis en vue de futures négociations internationales pour fixer des objectifs après l'année 2020.

Mieux prévenir les changements climatiques

Le rapport signale évidemment l'importance des changements climatiques au pays et les risques qu'ils posent pour le gouvernement fédéral, mais aucune solution n'est proposée. Tout au plus, les fonctionnaires reconnaissent que d'«autres travaux sont nécessaires afin d'évaluer les risques potentiels pour les opérations et les actifs gouvernementaux».

Les fonctionnaires notent cependant que les changements climatiques pourraient poser un risque «important» pour les actifs canadiens, actuellement évalués à plus de 65 milliards de dollars. Il y aurait aussi un risque pour différents programmes et services fédéraux, signale-t-on. Dans ce contexte, eu égard au fait que les coûts liés aux changements climatiques vont continuer de croître pour Ottawa, le rapport signale qu'il serait judicieux de «planifier» les impacts à venir.

En 2011, un rapport fédéral a estimé que les coûts annuels occasionnés par les changements climatiques pourraient totaliser 5 milliards dès 2020. La Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie estimait par ailleurs que ces coûts pourraient passer de 21 à 43 milliards dans les années 2050. Deux ans plus tard, un rapport d'Environnement Canada indiquait que le gouvernement fédéral était déjà sur la mauvaise voie en vue d'atteindre sa cible pour 2020.

Rappelons qu'en 2010, le Canada avait annoncé ses objectifs de réduction des GES dans la foulée de l'accord de Copenhague. D'ici à 2020, Ottawa s'engageait alors à réduire ses émissions de gaz carbonique de 17% par rapport à celles de 2005. La cible avait été critiquée par plusieurs groupes environnementaux, qui la jugeaient trop modeste.

- Avec William Leclerc




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