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Agir avant qu'il ne soit trop tard

Pour la directrice générale de l'AIE, Maria van... (PHOTO AP)

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Pour la directrice générale de l'AIE, Maria van der Hoeven, les changements climatiques représentent «le défi par excellence de notre époque». Le passage ce printemps du jalon de 400 parties par million de gaz carbonique dans l'atmosphère «symbolise notre échec à répondre adéquatement» à ce problème.

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La trajectoire actuelle nous propulse directement vers une catastrophe climatique, mais il n'est pas trop tard pour agir. C'est ce qui ressort d'un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), paru hier.

Un «échec»

Pour la directrice générale de l'AIE, Maria van der Hoeven, les changements climatiques représentent «le défi par excellence de notre époque». Le passage ce printemps du jalon de 400 parties par million de gaz carbonique dans l'atmosphère «symbolise notre échec à répondre adéquatement» à ce problème. «En résumé, nous nous écartons de notre voie, et on n'attend pas d'entente internationale avant 2015, et celle-ci ne prendra pas effet avant 2020», note Mme van der Hoeven, en faisant référence au calendrier actuel de négociations climatiques, adopté au sommet de Durban en Afrique du Sud en 2011.

Plus 5,3 °C

Si la tendance actuelle se maintient, notamment dans le secteur de la consommation d'énergie, un réchauffement de 5,3 °C est prévu d'ici la fin du siècle, avertit l'AIE. Ceci «implique potentiellement des désastres en matière d'événements extrêmes, de hausse du niveau des océans, avec les énormes coûts économiques et sociaux que cela implique». Sachant que le réchauffement de 0,8 °C observé jusqu'à maintenant a déjà des conséquences spectaculaires, comme la quasi-disparition de la banquise arctique, tous les experts s'entendent pour dire qu'un réchauffement six fois plus grand va transformer radicalement la planète et ses écosystèmes.

L'expansion des sables bitumineux

Il y a une piste, étroite, pour quand même stabiliser le climat à plus 2 °C. C'est ce qui ressort d'un nouveau rapport de l'AIE, un organisme qui regroupe les grandes économies développées, dont le Canada. Ce rapport propose de retarder à 2035 la mise en exploitation de certains nouveaux gisements de pétrole et de gaz non spécifiés, représentant de 5 à 6% des réserves mondiales. Selon Mark Jaccard, professeur à l'Université Simon Fraser et expert mondial de l'énergie et du climat, cela vise nécessairement l'expansion des sables bitumineux. «Cela écarte l'expansion des sources non conventionnelles, dit-il. Cela ne veut pas dire de fermer les sables bitumineux, mais à tout le moins on ne doit pas tripler leur production.»

Des profits pour l'industrie

Les milliards vont continuer de pleuvoir dans les goussets des industries énergétiques, même sur une trajectoire menant à une stabilisation du climat à plus 2 °C, assure l'AIE. «La production de pétrole et de gaz générerait des revenus bruts de 107 billions (ou 107 000 milliards) d'ici à 2035», calcule l'organisme. Même si c'est 15% de moins que dans le scénario du statu quo, c'est quand même trois fois plus que dans les 20 dernières années. Les secteurs du charbon et du nucléaire continueraient aussi à être profitables.

L'AIE trop optimiste?

L'AIE compte sur des mesures d'efficacité énergétique pour la moitié de son objectif. Des investissements de 200 billions seraient requis d'ici 2020, ce qui entraînerait une réduction des émissions de gaz à effet de serre équivalente à celles de la Russie actuelle. Mais l'AIE est peut-être trop optimiste, selon M. Jaccard. «Plusieurs études surestiment les effets bénéfiques de l'efficacité énergétique sur la consommation, affirme-t-il. Souvent, cela coûte plus cher dans la vraie vie que ce que pensent les physiciens et les économistes. Et il y a aussi l'effet de rebond. Chaque fois qu'on rend une technologie plus efficace, comme la réfrigération par exemple, on rend possible une foule d'applications nouvelles, comme les celliers réfrigérés, les fontaines réfrigérées, les frigos portatifs, etc.»




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