C'est mieux, mais c'est encore insuffisant. Même si ses émissions de gaz à effet de serre (GES) ont diminué, le Québec risque fort de rater sa cible du protocole de Kyoto - une réduction de 6% par rapport au taux de 1990 entre 2008 et 2012. C'est ce que révèle la mise à jour de l'Inventaire québécois des GES.

Paul Journet LA PRESSE

En 2010, dernière année pour laquelle les données sont disponibles, les émissions avaient diminué de 1,6% par rapport à 1990. Il sera donc encore plus difficile que prévu pour le nouveau gouvernement péquiste d'atteindre son objectif de 25% sous le niveau de 1990 d'ici 2020.

Des bonnes nouvelles

Dans le dernier inventaire, on trouve quelques signes encourageants et des sources d'inquiétude. Les bonnes nouvelles: les émissions totales ont diminué depuis 1990, même si la population a augmenté de 13% et le produit intérieur brut (PIB), de 48,6%. Le taux d'émission par habitant en 2010 a été le plus faible observé au Québec depuis le début de l'inventaire. C'est aussi le meilleur taux parmi les provinces canadiennes. Ceux de l'Alberta et de la Saskatchewan, par exemple, sont près de sept fois plus élevés.

Le Québec peut remercier les secteurs de l'industrie et des déchets. Ils ont respectivement réduit leurs émissions de 11% et de 37,1%, grâce à l'efficacité énergétique, à la récupération et à l'incinération.

Les transports, les cancres

Comme d'habitude, les mauvaises nouvelles viennent des transports, véritables cancres.

Alors que les autres secteurs ont réduit leurs émissions, celles du domaine des transports ont grimpé de 27,9%. Elles représentent maintenant plus des deux cinquièmes du total des émissions québécoises.

Le bilan est particulièrement sombre pour les camions légers et les véhicules lourds. Leurs émissions ont respectivement bondi de 105,6% et de 87,7%.

«Par leur laxisme, les libéraux nous ont emmenés dans la mauvaise direction», estime Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace. Le Québec est selon lui à «la croisée des chemins». «Il est temps que Mme Marois choisisse son camp. [...] Pour être un leader climatique, le Québec doit rapidement bonifier son plan d'action de lutte contre les changements climatiques et abandonner l'idée de devenir une pétro-province», soutient-il.

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) partage son avis. Même si elle note que «tout n'est pas sombre», elle demande aussi la mise en place de solutions «urgentes», comme l'électrification des transports, le développement des transports en commun et l'implantation d'un système «bonus-malus» pour inciter à l'achat de véhicules moins énergivores.