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Lutte contre l'obsolescence: le consommateur a un rôle à jouer, dit une étude

L'étude révèle par ailleurs que peu de consommateurs... (Photo Mauro Pimentel, archives Agence France-Presse)

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L'étude révèle par ailleurs que peu de consommateurs conservent leurs appareils aussi longtemps que la durée de vie qu'ils estiment raisonnable et que seuls 19% des répondants font réparer leurs appareils électroménagers et 26%, leurs appareils électroniques.

Photo Mauro Pimentel, archives Agence France-Presse

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Caroline St-Pierre
La Presse Canadienne

Remplacer son téléphone cellulaire par un modèle plus récent tous les deux ans, changer sa cafetière pour une autre au look plus «design», acheter un nouvel aspirateur plutôt que faire réparer celui que l'on possède déjà.

De plus en plus de consommateurs donnent une fin de vie prématurée à leurs produits non pas parce qu'ils ne fonctionnent plus, mais «pour des raisons de fonctionnalités techniques, esthétiques ou psychologiques», peut-on lire dans une étude pancanadienne sur l'obsolescence dévoilée jeudi par Équiterre.

L'organisation a donc choisi de faire de la lutte à l'obsolescence des produits de consommation son nouveau champ de bataille pour les prochaines années.

Équiterre note que si une grande majorité de la population (86% des participants à l'étude) croient en l'obsolescence programmée, c'est-à-dire qu'ils jugent que les appareils électroménagers et électroniques sont volontairement conçus pour ne pas durer, moins de la moitié d'entre eux reconnaissent leur propre rôle dans le phénomène d'obsolescence.

Redonner le pouvoir au consommateur

L'étude révèle que peu de consommateurs conservent leurs appareils aussi longtemps que la durée de vie qu'ils estiment raisonnable et que seuls 19% des répondants font réparer leurs appareils électroménagers et 26%, leurs appareils électroniques.

Le groupe souhaite donc «redonner le pouvoir aux consommateurs» en sensibilisant ceux-ci au phénomène, puisque la notion d'obsolescence programmée par l'entreprise elle-même peut être très difficile à prouver, note la chargée de projet principale d'Équiterre, Annick Girard.

«On a décidé de s'attaquer à ce que, nous, on est capable de faire. On a déterminé que le consommateur, en général, c'est quelqu'un d'averti, quelqu'un qui fait des choix de consommation et on veut lui redonner du pouvoir dans la lutte à l'obsolescence», a-t-elle noté.

Défaillance ou attrait de la nouveauté?

Mme Girard explique que plusieurs raisons peuvent pousser un consommateur à remplacer un appareil prématurément. Dans certains cas, l'appareil présente une défaillance et doit être réparé. Or on croit souvent à tort que réparer un appareil est trop compliqué ou qu'il serait moins coûteux de tout simplement en acheter un neuf.

«En fait, il y a un problème plus systémique. Souvent, les pièces de rechange pour la réparation ne sont pas rendues disponibles par les fabricants ou ne sont pas disponibles assez longtemps», admet Mme Girard.

«Mais parfois, il s'agit tout simplement de faire un »reset« sur l'appareil, de bien le nettoyer... plus souvent qu'autrement, ça règle le problème ou ça règle beaucoup de problèmes, même au niveau informatique.»

À d'autres occasions, notamment dans le cas des appareils électroniques comme les téléphones cellulaires, l'utilisateur peut être tout simplement tenté par un nouveau modèle, plus récent.

À ce moment, il importe au moins de continuer à faire circuler l'objet, suggère Mme Girard, afin qu'une autre personne puisse continuer à s'en servir pour le reste de sa vie utile.

«Souvent, le phénomène qui a lieu, c'est que, par exemple dans le cas d'un cellulaire qui ne fonctionne plus, les gens vont en acquérir un nouveau et le vieux dort dans un tiroir quelque part. Il y a beaucoup d'objets en dormance comme ça, qui pourraient très bien réintégrer une circulation économique.»

Impacts sur la planète

L'étude souligne que la surconsommation entraîne «des impacts non négligeables»: en 2016, 44,7 millions de tonnes de déchets d'appareils électroménagers et électroniques ont été produites à l'échelle mondiale, et d'ici 2021, il est prévu que ce volume augmente de 17%, lit-on dans l'étude.

«On consomme beaucoup d'appareils, on les jette rapidement, donc tout ça se retrouve dans les dépotoirs. Ça a un gros impact sur l'environnement. Les appareils sont fabriqués à partir de nombreuses pièces, si on regarde seulement au niveau électronique, il y a des métaux lourds dans ça qui se retrouvent dans l'environnement, qui sont disséminés un peu partout», rappelle la chargée de projet, soulignant qu'un environnement pollué et malsain aura de plus des impacts sur la santé des citoyens.

En as-tu vraiment besoin?

Lorsque vient le temps de décider si l'on doit remplacer ou non un appareil, Mme Girard suggère de se poser la fameuse question: «En ai-je vraiment besoin?»

Et si l'on doit, effectivement, se procurer un appareil, elle propose de se tourner d'abord vers l'usagé, un réflexe que les consommateurs ne semblent pas encore avoir si l'on se fie à l'étude, qui indique que 80% des répondants ont acheté leur dernier appareil neuf.

Mme Girard souligne qu'il existe des entreprises qui acceptent les appareils en fin de vie, que l'on peut se tourner vers les magasins d'articles usagers ou utiliser les plateformes d'échanges ou de vente en ligne.

«Il ne faut pas négliger de s'informer autour de soi», suggère-t-elle aussi, ajoutant qu'un proche pourrait justement avoir besoin de l'objet dont on souhaite se débarrasser.

«Il y a d'autres gens qui vont être très heureux d'utiliser ce produit-là pour (la durée) de vie qui lui reste.»




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