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Moins de surpêche que prévu dans les océans

Une nouvelle étude américaine révèle que la surpêche est moins importante que... (ARCHIVES REUTERS)

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ARCHIVES REUTERS

Une nouvelle étude américaine révèle que la surpêche est moins importante que prévu, alors que seulement les deux tiers des océans du monde font l'objet de pêche commerciale, et non 95 % comme on le pensait auparavant. C'est une bonne nouvelle pour la création de réserves marines interdites à la pêche.

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Heures de pêche par kilomètre carré

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SATELLITE

Le système d'identification automatisé (SIA) par satellite existe depuis le début des années 90 et est devenu obligatoire en 2002 pour les navires de croisière, les traversiers et les navires de plus de 50 m. Le nombre de navires suivis par le SIA est passé de 100 000 à 550 000 depuis, dont 70 000 navires de pêche. Les chercheurs américains ont analysé 22 milliards de positions de ces navires de pêche équipés de balises SIA, alors qu'ils étaient en mer entre 2012 et 2016.

DE LA PÊCHE SUR 55 % À 73 % DE LA SURFACE

Plusieurs partenaires, dont l'Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse et la société Google, ont aidé à l'analyse de cette quantité immense de données. « On a calculé que les navires suivis ont pêché sur l'équivalent de 55 % de la surface des océans », explique David Kroodsma, de l'ONG Global Fishing Watch à Washington, qui est l'auteur principal de l'étude publiée dans la revue Science. « Ensuite, il y a tous les navires de pêche qui n'ont pas de balises SIA, surtout des petits navires qui oeuvrent près des rivages, ainsi que les zones des océans où la couverture satellite est mauvaise. Si on fait l'hypothèse extrême que toutes ces régions font l'objet de pêche, ce qui serait surprenant, on arrive à une superficie totale de pêche de 73 % des océans. C'est beaucoup moins qu'on le pensait : les estimations antérieures étaient que la pêche couvrait 95 % des océans. »

DOMMAGES

Mis à part la santé des populations de poissons, la pêche commerciale fait aussi des dommages aux fonds des océans. Deux techniques sont particulièrement néfastes : le chalut et la senne, qui utilisent de grands filets pouvant racler les fonds et faire beaucoup de prises non désirées. « L'autre bonne nouvelle, c'est que moins de 10 % des océans sont parcourus par les chalutiers et un autre 17 % fait l'objet de pêche à la senne, dit M. Kroodsma. La pêche à la ligne commerciale est pratiquée sur 45 % des océans. »

FINS DE SEMAINE

Détail intéressant, les chercheurs ont découvert que les pêcheurs chinois ne se reposent pas la fin de semaine, contrairement à ceux des autres nations. Ils observent par contre le congé du Nouvel An chinois, ainsi qu'un moratoire d'été imposé unilatéralement par la Chine à une portion de plus en plus grande de la mer de Chine méridionale depuis 1995. « L'an dernier, la Chine l'a imposé pour trois mois à toute la mer de Chine méridionale et on voit que les autres pays riverains sont beaucoup moins actifs, dit M. Kroodsma. Ils semblent respecter le moratoire chinois, même dans des eaux qu'ils considèrent comme les leurs. »

RÉSERVES MARINES

Depuis 2015, les îles Kiribati interdisent la pêche sur une zone de 410 000 km2 autour des îles Phoenix, au nord-est de l'Australie, afin de protéger les coraux de la région. « Ça a causé un déplacement moyen de l'effort de pêche de 10 degrés vers le sud dans le centre du Pacifique, dit M. Kroodsma. Nous croyons que c'est un exemple à suivre pour protéger certains écosystèmes et espèces particulièrement fragiles face à la pêche. Comme il y a davantage que prévu de zones des océans où il n'y a pas de pêcheurs, l'instauration de réserves maritimes ne devrait pas faire face à trop d'opposition et ne devrait pas affecter la capacité de trop de pêcheurs à gagner leur vie. »

SUBVENTIONS

Les chercheurs ont aussi calculé qu'une augmentation de 10 % du prix du carburant fait diminuer l'effort de pêche de 0,6 %. « Nous sommes en train d'analyser l'impact des subventions au carburant maritime, souvent versées par les grandes nations de pêcheurs », dit M. Kroodsma. Le carburant représente 24 % des coûts des pêcheurs.

En chiffres

  • 2,9 millions : nombre de navires de pêche dans le monde
  • 70 000 : nombre de navires de pêche équipés d'une balise satellite SIA
  • 64 000 : nombre de navires de pêche mesurant plus de 24 m
  • 350 000 : nombre de navires de pêche mesurant entre 12 et 24 m

Source : Science




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