Des bactéries pour des «blue jeans» plus verts

L'indigo est utilisé comme colorant sous sa forme... (HOANG DINH NAM, ARCHIVES AFP)

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L'indigo est utilisé comme colorant sous sa forme naturelle depuis au moins 6000 ans; on voit les feuilles de la plante, à droite.

HOANG DINH NAM, ARCHIVES AFP

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Agence France-Presse
Paris

Le traditionnel « blue jean » en voit aujourd'hui de toutes les couleurs, mais il pourrait surtout être plus vert, selon une étude publiée lundi qui présente une méthode de teinture plus écologique pour le célèbre denim bleu indigo.

L'indigo, à l'origine extrait de plantes, mais aujourd'hui synthétisé, est le seul colorant capable de donner au « blue jean » sa couleur traditionnelle. « Mais le processus de teinture nécessite des étapes chimiques préjudiciables pour l'environnement », notent les auteurs de l'étude publiée dans la revue Nature Chemical Biology.

Ces scientifiques ont ainsi développé une méthode pour produire le pigment en utilisant une bactérie conçue en laboratoire. Méthode qui nécessitera des « améliorations » pour être utilisée à une échelle industrielle, mais qui permet un aménagement « nécessaire » d'un processus de teinture « non viable », estiment-ils.

L'indigo est utilisé comme colorant sous sa forme naturelle depuis au moins 6000 ans.

Naturels ou de synthèse, les cristaux d'indigo adhèrent à la surface du tissu, qualité qui en a fait un incontournable de la teinture des jeans : le bleu intense est particulièrement résistant au lavage, mais l'intérieur des fibres de coton reste blanc, l'abrasion permettant ainsi l'effet « usé » du denim.

95 % des quelque 45 000 tonnes d'indigo synthétique produites chaque année sont utilisés pour la teinture des 4 milliards de vêtements en jean fabriqués annuellement, selon les chiffres cités par l'étude.

Cette forte demande d'indigo pose « un problème grave de durabilité », note l'étude.

Synthétiser le colorant nécessite l'utilisation de produits chimiques comme le formol et le cyanure d'hydrogène. L'indigo étant insoluble dans l'eau, pour obtenir une forme soluble nécessaire à la teinture, l'industrie utilise le plus souvent du dithionite de sodium, qui se décompose en sulfate et sulfite, produits corrosifs.

« De nombreuses usines de teinture évitent le coût supplémentaire du traitement des eaux usées en rejetant les matériaux de teinture dans les rivières, où ils ont un impact écologique négatif », indiquent les chercheurs.

Leur méthode alternative « imite » le processus naturel d'une plante à indigo japonaise (la persicaria tinctoria).

Ils ont conçu une bactérie E.coli qui, comme cette plante, fabrique de l'indoxyl qui combiné à une molécule de glucose se transforme en indican, composé stable qui peut être stocké. Au moment de la teinture, ajouter une enzyme à l'indican directement sur le tissu le transforme en indigo.

« Le produit final est identique », assure l'un des auteurs, John Dueber, de l'université de Californie, qui reconnaît que la méthode n'est pas prête pour une utilisation industrielle. Pour produire les cinq grammes d'indigo nécessaires pour teindre un seul jean, il faudrait « à ce stade plusieurs litres de bactéries », explique-t-il à l'AFP, soulignant que son laboratoire travaille à l'amélioration du processus.




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