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Une Cousteau sur la rivière des Outaouais

Alexandra Cousteau... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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Alexandra Cousteau

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE

Il y a très longtemps qu'un membre de la célèbre famille Cousteau ne s'était intéressé au Québec. La dernière fois, c'était au début des années 80, lorsque le commandant Jacques-Yves Cousteau a navigué dans les eaux du Saint-Laurent pour y réaliser un film en collaboration avec l'Office national du film. Aujourd'hui, sa petite-fille Alexandra Cousteau prend le relais et lance trois documentaires qui s'intéressent à la rivière des Outaouais. Ces films serviront, espère-t-elle, à encourager les Canadiens à défendre leurs cours d'eau. La Presse l'a rencontrée à Montréal.

Il existe des milliers de rivières et de cours d'eau en Amérique du Nord. Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la rivière des Outaouais ?

Je connaissais déjà la rivière des Outaouais depuis que j'y ai fait une expédition en 2010. C'est une rivière qui est très intéressante au niveau de la gouvernance, mais également pour la qualité de l'eau, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas. Il y a aussi plusieurs barrages. Il y a donc plein de problématiques et de solutions qui sont plutôt intéressantes. Bien sûr, ce n'est pas le Gange ni l'Amazone, chaque rivière est différente, mais il y a quelque chose d'unique derrière le fait qu'une rivière puisse être une frontière entre deux langues, deux cultures, deux façons de faire, et ça, ça peut avoir un impact sur la qualité de l'eau, la biodiversité et la pollution.

Selon vous, quel est l'enjeu le plus important au sujet de cette rivière ?

La rivière est plutôt en bonne santé, mais il y a quand même des améliorations à apporter. Par exemple, les investissements faits par la Ville d'Ottawa pour traiter ses eaux usées, c'est vraiment intéressant. C'est un exemple pour le reste du monde. Maintenant, il faut faire en sorte qu'Ottawa et Gatineau puissent collaborer pour que la rivière soit protégée des deux côtés. L'implication des citoyens est aussi très importante. Avec nos films, nous voulons faire en sorte qu'il y ait un débat. Tout le monde doit travailler ensemble et s'impliquer pour trouver des solutions.

Avez-vous l'impression que les gens ne s'intéressent pas assez aux enjeux entourant l'eau ?

Ah oui ! Surtout ici, au Canada. Il y a ce mythe de l'abondance, qui est assez choquant. Mais l'eau n'est pas aussi abondante qu'on aimerait le penser. C'est l'obstacle numéro un ici. Les gens croient que l'eau est un problème ailleurs, mais pas chez eux. Pendant ce temps, les problèmes s'accumulent aux États-Unis. Cette année n'a pas été une bonne année pour eux, pensons à la Californie. Là-bas, l'eau est une préoccupation plus importante.

Il y a plusieurs problèmes concernant l'eau, mais d'où viendront les solutions ?

Il y a quatre ingrédients magiques pour y arriver. Je crois que nous sommes à la veille de faire un bond important, pas seulement pour régler les problèmes, mais pour les anticiper. D'abord, il nous faut des données. Aux États-Unis, il y a une grande transparence du gouvernement pour rendre publiques toutes sortes de données. C'est le cas au Canada, mais un peu moins. Il y a aussi la philanthropie, qui est plus importante aux États-Unis qu'au Canada. Ça, c'est très important pour financer des projets. Il faut aussi des communautés qui s'impliquent. Aux États-Unis, il y a une culture de société civile où les gens s'impliquent pour protéger l'eau, je n'ai vu ça nulle part ailleurs. Et finalement, il y a la technologie, qui peut être mise au service de l'eau. Comment faire en sorte, par exemple, que je puisse suivre la qualité de l'eau sur mon téléphone intelligent comme je le fais pour la météo. Il existe une masse énorme de données qu'on peut récupérer et analyser pour en faire quelque chose concernant la gestion de l'eau.

Alexandra Cousteau, en collaboration avec Sentinelle Outaouais et la fondation de Gaspé Beaubien, lance aujourd'hui trois documentaires au sujet de la rivière des Outaouais. L'un porte sur la gouvernance, l'autre sur la biodiversité et le troisième, sur la qualité de l'eau.

On peut les visionner à l'adresse suivante: www.aquahacking.com/fr/zone-video

ALEXANDRA COUSTEAU EN BREF

Fille de Philippe Cousteau et petite-fille du célèbre Jacques-Yves Cousteau, Alexandra, 38 ans, est née aux États-Unis. Elle vit à Washington. En 2008, elle a fondé Blue Legacy, un organisme qui a réalisé plusieurs documentaires sur des problématiques liées à l'eau au cours des dernières années.

LA RIVIÈRE DES OUTAOUAIS EN BREF

D'une longueur de 1271 km, c'est la huitième rivière en importance en Amérique du Nord. Elle traverse notamment 200 municipalités dans deux provinces et se jette dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Montréal. On y trouve aussi 19 barrages hydroélectriques, dont certains sont privés.

UN « HACKATON » POUR UNE RIVIÈRE

Les trois documentaires d'Alexandra Cousteau servent de prélude à un évènement qui se tiendra en mai prochain, au cours duquel de nombreux spécialistes de l'informatique devront imaginer des solutions pour une meilleure gestion de la rivière des Outaouais. Prenant la forme d'un marathon de programmation (« hackathon ») qui durera 48 heures en continu, le Haquahacking 2015 réunira informaticiens, développeurs web et spécialistes de l'environnement qui devront proposer des solutions technologiques à des problèmes concrets. Des prix seront remis aux meilleurs projets.




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