Plusieurs centaines de personnes ont marché aujourd'hui à Bécancour pour sauver la centrale nucléaire Gentilly-2. Le rapport préliminaire d'Hydro-Québec qui recommande la fermeture de la centrale en raison des coûts de réfection évalués à 4,3 milliards $ ne refroidit pas du tout l'ardeur des manifestants.

Mis à jour le 30 sept. 2012
Gabriel Delisle LE NOUVELLISTE

Initiée par des députés de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les maires de Trois-Rivières et de Bécancour ainsi que les chambres de commerce de la région, cette marche a réuni surtout des travailleurs de la centrale et leur famille. De nombreux citoyens au profit de la sauvegarde des emplois de Gentilly-2 étaient aussi de la manifestation.

Les manifestants ont quitté dimanche matin les secteurs de Bécancour et de Gentilly pour se réunir devant la centrale, hautement gardée. Les marcheurs ont quitté le trajet prévu à l'origine pour bloquer l'autoroute 30.

Les participants à cette marche dénonçaient principalement la fermeture dite «prématurée» de la centrale nucléaire. Ceux-ci affirment de plus que le gouvernement de Pauline Marois plie devant «la campagne de peur des environnementalistes».

La mairesse sans réponse

La mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, demande au gouvernement Marois d'arrêter de tenir la population dans l'ignorance et de révéler toutes les informations qu'il détient.

Mme Désilets soutient que de nouveaux chiffres, ne correspondant pas avec les données diffusées depuis les douze derniers mois, ont fait leur apparition. Entre autres, le quotidien Le Devoir rapportait samedi qu'Hydro-Québec recommande également la fermeture, parce que les coûts de réfection seraient prohibitifs, atteignant près de 4,3 milliards $. Un chiffre différent de ceux que Mme Désilets avait entendus auparavant.

Elle dénonce aussi le silence qui perdure au cabinet de la première ministre.

«On pensait que j'aurais eu un coup de téléphone pour parler de l'économie de la région, mais non», a dit Mme Désilets.

De plus, les demandes pour obtenir une rencontre avec Mme Marois demeurent sans réponse.

La mairesse avoue toutefois avoir rencontré le ministre responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Yves-François Blanchet, qui ne se serait pas «montré fermé» à la mise sur pied d'un «outil de concertation quelconque». M. Blanchet aurait aussi réitéré la promesse du gouvernement de consacrer une enveloppe d'investissements de 200 millions $ à la diversification de l'économie de la région.

Une proposition largement insuffisante, qui ne permettra jamais de contrebalancer les lourdes pertes d'emplois directs et indirects que représente la fermeture de la centrale, selon Mme Désilets.

La mairesse croit que toute la responsabilité de fermer ou non la centrale nucléaire retombe sur les épaules du gouvernement. «Ce n'est pas la ville de Bécancour qui décide ça, mais c'est la façon dont l'annonce a été faite qui a fait réagir, juge-t-elle. Le message qu'on nous envoie, c'est que ce n'est pas grave pour Bécancour».

La population continuera de se mobiliser pour obtenir une rencontre avec Mme Marois dans les plus brefs délais, prévient Mme Désilets.

- Avec La Presse Canadienne