Une biologiste de l'UQAM juge inacceptable l'étude citée par la Ville de Saint-Bruno à l'appui de son nouveau Plan de conservation des milieux naturels, parce qu'elle ignore deux douzaines d'espèces menacées ou vulnérables.

Charles Côté LA PRESSE

Cette biologiste, Tanya Handa, a déposé une présentation dans le cadre de la consultation publique qui se déroule actuellement à Saint-Bruno.

La Ville a commandé en 2007 une étude à la firme Dimension Environnement. Elle sert de base au plan de conservation et porte sur 10 secteurs de la ville, dont la forêt des Hirondelles, terrain visé par un projet d'une trentaine de résidences de luxe.

Dans cette étude, la firme signale la présence de quatre espèces de plantes vulnérables dans la forêt des Hirondelles. Mais selon la contre-expertise de Mme Handa, il y en aurait en fait 25. Cet inventaire serait donc «inacceptable».

«Si la Ville souhaite tenir «compte de la valeur écologique des milieux naturels», (il est) essentiel d'effectuer des études rigoureuses et indépendantes», souligne Mme Handa dans sa présentation.

Mardi soir, environ 150 personnes ont bravé la pluie pour participer à la deuxième séance d'information sur le Plan de conservation.

Au cours de la soirée, l'administration du maire Claude Benjamin a fait l'objet d'un feu nourri de critiques de la part de citoyens.

Marie Lyne Éthier a critiqué elle aussi la qualité de l'information soumise aux citoyens. «Je souhaite que la Ville procède par appel d'offres pour obtenir une vraie étude indépendante sur les milieux naturels», a dit cette citoyenne.

Jean-Claude Bergeron a rappelé que «rendre publique cette étude de Dimension environnement a été un parcours du combattant pendant deux ans». «Lors de l'adoption du plan d'urbanisme en 2009, la Ville avec cette étude en main mais ne l'avait pas rendue publique, a-t-il dit. Le plan a signifié la destruction de nombreux milieux humides.»

La consultation se conclut la semaine prochaine, mardi, avec une séance l'après-midi et une autre le soir.