Une autre étude vient confirmer le phénomène du réchauffement climatique, cette fois sur le territoire canadien. Selon la dernière recension publiée hier par Statistique Canada, la moyenne des températures annuelles au pays a augmenté de 1,4 °C au cours des 60 dernières années.

Mis à jour le 24 mars 2011
Daphné Cameron LA PRESSE

Le réchauffement des températures a toutefois varié selon les régions. Dans le Grand Nord, au Yukon et dans les montagnes du nord de la Colombie-Britannique, la température moyenne a augmenté au total de 2,2 °C depuis 1948. Dans la région de l'Atlantique, la hausse n'a été que de 0,5 °C.

À titre de comparaison, un rapport récent du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat évaluait que le mercure avait grimpé en moyenne de 0,74 °C entre 1906 et 2006 sur l'ensemble de la planète.

«Le Canada étant un pays nordique, on a tendance à avoir un réchauffement deux fois plus rapide que le reste de la planète. Par ailleurs, les régions arctiques et nordiques voient des changements trois ou quatre fois plus rapides que les autres régions du globe», explique Alain Bourque, climatologue et directeur de la programmation des impacts et adaptation au consortium Ouranos, qui s'intéresse de près à la question des changements climatiques.

Rien de surprenant

Selon cet expert, il n'y a pas de «surprise scientifique» dans les données publiées hier par Statistique Canada. «C'est une autre étude qui tend à confirmer ce que l'on savait déjà, mais le tout avec un niveau de détails toujours plus varié», a-t-il expliqué.

L'analyse des données compilées par Statistique Canada révèle également que la hausse des températures a été plus importante en hiver et au printemps qu'en été ou en automne.

«Souvent, la hausse de la température moyenne sonne comme une bonne nouvelle pour le Québécois moyen, souligne Alain Bourque. Mais le problème, c'est que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents lorsque la moyenne change.

«Par exemple, cela fait en sorte que les grandes canicules que l'on ne voyait pas vraiment avant se mettent à devenir plus fréquentes. Les pluies orageuses, celles qui causent des inondations importantes surviennent plus souvent. La même chose est vraie avec les incendies de forêt ou les épidémies dans le secteur agricole qui ne survenaient pas en raison de notre climat plus frais. C'est là où ça devient trompeur.»