Les études préalables à l'extraction pétrolière et gazière au large de la Sibérie représentent une véritable menace pour les baleines grises déjà en danger d'extinction, selon les scientifiques de la Commission baleinière qui ont demandé leur suspension à Agadir.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«La Commission s'inquiète fortement de l'impact potentiel sur les baleines grises des recherches conduites par Rosneft (société d'État russe) et recommande fortement leur suspension au moins jusqu'en juin 2011», soulignent les scientifiques dans leur rapport.

Selon les experts de la Commission baleinière internationale (CBI), réunie au Maroc, il reste probablement moins de 130 baleines grises du Pacifique nord  dont seulement deux douzaines de femelles en âge de se reproduire.

«Les recherches de Rosneft sont prévues au moment où le plus grand nombre de baleines grises, avec leurs baleineaux, se rassemblent» sur la zone pour se nourrir, préviennent-ils.

Les États-Unis, le Mexique, la Grande-Bretagne notamment leur ont apporté leur soutien mercredi. Mais le représentant de la Russie a prévenu que les opérations, notamment des tests sismiques, seraient conduits comme prévu.

De nombreuses études ont montré que la pollution sonore en mer exclut les baleines de nombreuses zones de ravitaillement et entrave leur capacité à communiquer entre elles.

Les sonars utilisés par les bâtiments militaires et l'industrie pétrolière et gazière peuvent excéder les 230 décibels et s'avérer mortels à une distance de un à trois kilomètres, selon Michel André, directeur de bio-acoustique appliquée à Barcelone.

Les experts de la CBI ont sopuligné qu'une autre compagnie russe opérant dans la même région, Sakhalin Energy, avait adopté les recommandations de calendrier et de procédure de l'UICN (l'Union mondiale de protection de la nature) afin d'éviter d'affecter les baleines.

«Ce n'est pas comme si la Commission leur demandait de ne pas faire de recherches du tout», souligne Wendy Elliott, responsable de programme au WWF International. «Tout ce qu'on leur demande, c'est d'attendre une année et d'opérer avant l'arrivée des baleines dans la zone».