La salve du député conservateur Maxime Bernier contre le consensus scientifique sur les changements climatiques a été téléguidée par le bureau de Stephen Harper, croit le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Mis à jour le 25 févr. 2010
François Cardinal LA PRESSE

Réagissant à la lettre de l'ancien ministre des Affaires étrangères publiée hier dans La Presse, M. Duceppe s'est dit convaincu que ses propos reflètent fidèlement ce que disent en privé les membres du gouvernement.

 

«Je pense que M. Bernier agit sur commande, a-t-il lancé. On lui a demandé de faire ça. Il cogne à la porte du cabinet, il veut rendre service.»

Dans sa missive, M. Bernier estime que le lien entre le réchauffement planétaire et les gaz à effet de serre engendrés par les activités humaines n'est pas clair.

Il serait irresponsable «d'imposer une réglementation exagérément sévère pour régler un problème dont on est toujours loin de cerner la gravité», écrit-il.

Le gouvernement Harper, par l'entremise du porte-parole du ministre de l'Environnement, Jim Prentice, s'est dissocié mardi des propos de Maxime Bernier.

Mais selon M. Duceppe et le porte-parole libéral en matière d'environnement, David McGuinty, M. Bernier cherche à rendre service aux conservateurs afin de regagner le siège qu'il a perdu au Conseil des ministres. Le chef bloquiste rappelle d'ailleurs que le premier ministre Harper avait qualifié le protocole de Kyoto de «complot socialiste» en 2002.

«M. Bernier a opportunément choisi une théorie scientifique qui convient à l'inaction idéologique de son gouvernement, dans l'espoir de revenir dans les bonnes grâces du premier ministre», a déclaré M. McGuinty.

»Expertise dans les Jos Louis»

Même son de cloche du côté du Nouveau Parti démocratique: «M. Bernier est empêtré dans le passé, dit Jack Layton. Il ne comprend pas où est l'avenir énergétique du pays et semble croire que des investissements dans les sables bitumineux sont plus judicieux que dans les énergies renouvelables.»

Comme l'a indiqué mardi le directeur du Centre pour l'étude et la simulation du climat à l'échelle régionale de l'UQAM, René Laprise, les représentants de l'opposition croient que Maxime Bernier parle d'un sujet qu'il ne maîtrise pas.

«Je pense qu'il a une meilleure expertise dans les Jos Louis que dans cette matière», a lâché M. Duceppe, cinglant.