La chasse controversée aux phoques a commencé lundi dans le Golfe du St-Laurent sur la côte atlantique canadienne alors que l'opposition à cette pratique annuelle se renforce et que l'Union européenne envisage d'interdire la commercialisation de ses produits.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La chasse, qui portera cette année sur plus de 338.000 animaux, s'est ouverte lundi matin aux îles de la Madeleine dans le Golfe du Saint-Laurent, et doit se poursuivre début avril dans les eaux à l'est de la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

Dimanche, l'Association des chasseurs de phoques de la région avait organisé un rassemblement à la mémoire de quatre chasseurs qui avaient péri l'an dernier lorsque leur navire avait chaviré lors d'une opération de remorquage dans les glaces.

Comme chaque année, la chasse doit être surveillée de près par des organisations de défense des animaux qui la qualifient régulièrement de «massacre cruel». «Avec un vote approchant au parlement européen, les yeux du monde sont sur le massacre canadien de phoques», a souligné Rebecca Aldworth de la Humane Society International.

La chasse aux phoques canadienne, la plus importante au monde, provoque une opposition croissante qui n'est plus limitée aux organisation de défense des animaux.

Le Parlement européen doit se prononcer début avril sur une interdiction de la commercialisation des produits dérivés du phoque. Et le Premier ministre russe Vladimir Poutine a annoncé le mois dernier avoir interdit la chasse aux bébés phoques, parlant de «pratique sanguinaire».

Le ministère canadien a annoncé cette année un quota d'abattage de 338 200 animaux. Les chasseurs pourront tuer 280 000 phoques du Groenland, soit 5000 de plus que l'an dernier, sur un troupeau qui est actuellement de plus de 5,5 millions d'animaux, selon le ministère.

Ottawa a également autorisé la chasse de 8200 phoques à capuchon et de 50 000 phoques gris, ce dernier quota étant supérieur de 38 000 animaux par rapport à 2008.

Ces quotas ont provoqué de vives critiques des défenseurs des animaux. Pour le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), l'abattage d'un nombre encore plus grand de phoques est d'autant plus «scandaleux» que «le marché de la fourrure de phoque est saturé» depuis deux ans.

Le Canada avait adopté à la fin 2008 de nouvelles règles de chasse au phoque visant à minimiser les souffrances des animaux, afin notamment d'éviter une interdiction du commerce des peaux de phoques par l'Union européenne.

Mais cela n'a pas suffi pour désarmer les opposants à cette chasse commerciale, dont Ottawa affirme qu'elle ne menace pas la population de phoques et qu'elle constitue une ressource essentielle pour de nombreuses communautés côtières.

«Notre gouvernement continuera de défendre les droits des chasseurs de phoques canadiens en leur offrant un gagne-pain pour eux et leur famille par le biais d'une chasse légale, viable et sans cruauté», a souligné la ministre des Pêches et Océans, Gail Shea, dans un communiqué vendredi.