Un Suisse a bouclé jeudi à Lucerne le premier tour du monde jamais réalisé «sans consommer une seule goutte de pétrole» à bord de sa voiture solaire baptisée «Solartaxi».

AGENCE FRANCE-PRESSE

Louis Balmer, un ingénieur et aventurier de 36 ans, est arrivé en milieu de journée dans la ville d'où il s'était élancé il y a un an et demi, au terme d'un périple de 53.451 km.

Parti le 3 juillet 2007, ce passionné d'énergie solaire a fait le tour du globe d'Ouest en Est, traversant quatre continents et une quarantaine de pays.

Il a successivement sillonné l'Europe orientale, le Moyen-Orient, l'Inde, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, l'Asie du Sud-Est, la Chine et enfin les États-Unis, avant de rejoindre la Suisse via un détour à travers la France, l'Angleterre, la Scandinavie puis l'Allemagne.

«Nous avons réalisé notre premier tour du monde sans consommer une seule goutte de pétrole», s'est exclamé à son arrivée M. Palmer, maître d'oeuvre d'un projet qui a impliqué plusieurs écoles d'ingénieurs helvétiques.

Composé d'une voiture bi-place à trois roues et d'une remorque de 6 mètres carrés couverte de panneaux photovoltaïques, le Solartaxi a atteint des vitesses de pointe de 90 km/h pour une autonomie de 400 km par temps ensoleillé (60 km la nuit ou par temps nuageux).

Au cours de son périple, le véhicule a utilisé selon les circonstances l'énergie fournie par les panneaux photovoltaïques de sa remorque ou celle puisée dans le réseau électrique local du pays traversé.

«L'un de mes buts était de convaincre le plus grand nombre possible de gens que les énergies renouvelables sont à la fois écologiques, économiques et fiables», a-t-il expliqué à la presse.

De fait, le Solartaxi n'a été immobilisé que deux jours en raison de problèmes mécaniques et n'a souffert, selon son conducteur, ni des fortes chaleurs endurées dans la péninsule arabique, ni des cols qu'il lui a fallu franchir dans les Montagnes Rocheuses américaines.

Véritable ambassadeur des énergies renouvelables, le Solartaxi a accueilli à son bord un bon millier de passagers, dont des personnalités d'envergure mondiale comme le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ou le président du Groupe d'expert intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) Rajendra Pachauri.

«En tout, j'ai bien donné une centaine de conférences de presse», s'est réjoui M. Palmer, né en Hongrie et installé en Suisse depuis l'âge de 16 ans, qui estime entre 500 et 600 millions le nombre de personnes qui ont entendu parler de cette aventure.

Loin de vouloir en rester là, M. Palmer s'est lancé comme prochain défi de faire le tour du monde en 80 jours, grâce cette fois à un nouveau véhicule beaucoup plus rapide.