L’équilibre des forces entre bloquistes et libéraux semblait en voie de se maintenir dans la grande banlieue de Montréal, lundi soir, alors que la plupart des députés sortants pouvaient espérer reprendre la route d’Ottawa.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Au moment de publier, les troupes de Justin Trudeau menaient dans 8 circonscriptions de la région, alors que celles d’Yves-François Blanchet détenaient la position de tête dans 15 circonscriptions. Un portrait identique à celui qui prévalait avant le scrutin.

Seules les circonscriptions de Châteauguay–Lacolle et de Longueuil–Saint-Hubert semblaient flirter avec un changement d’allégeance en fin de soirée. La première appartenait au Parti libéral du Canada (PLC) avant le scrutin, la seconde au Bloc québécois (BQ).

Les libéraux étaient en voie de conserver leur hégémonie sur les quatre sièges de Laval, acquis à la formation politique depuis le ressac de la vague orange, aux élections de 2015.

Dans la couronne nord de Montréal, a contrario, c’est le parti indépendantiste qui courait en position de tête dans toutes les circonscriptions. Les banlieues très francophones comme Repentigny, Terrebonne ou Blainville ont visiblement fait confiance aux candidats bloquistes pour représenter leurs intérêts à Ottawa.

C’est seulement sur la Rive-Sud que la carte était plus variée. Les circonscriptions densément peuplées à proximité du centre-ville de Montréal – sur les territoires de Brossard et de Longueuil – penchaient du côté libéral, alors que les autres – davantage en périphérie – penchaient du côté bloquiste.

Ni le Parti conservateur du Canada ni le Nouveau Parti démocratique n’ont réussi à convaincre une circonscription du 450 de se ranger derrière lui.

Yves-François Blanchet écrase ses adversaires

À la dissolution de la Chambre des communes, cet été, le Bloc québécois détenait 15 circonscriptions dans les couronnes de Montréal, alors que le Parti libéral du Canada occupait 8 sièges. La région avait été largement balayée par la vague orange en 2011.

Lundi soir, le chef bloquiste Yves-François Blanchet, seul chef à avoir son siège dans la région, était en voie d’écraser ses adversaires dans Belœil–Chambly, sur la Rive-Sud de Montréal, avec plus de deux fois les votes de son adversaire libérale. Son leader Alain Therrien, dans la circonscription voisine de La Prairie, l’emportait lui aussi haut la main avec plus de 45 % des voix exprimées.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Le chef bloquiste, Yves-Francois Blanchet

Dans Terrebonne, le député bloquiste Michel Boudrias se présentait comme indépendant après avoir été écarté par la direction du parti. Il était en voie de perdre son pari, alors qu’il se trouvait en cinquième place en fin de soirée.

La seule autre circonscription du 450 où le député sortant n’était pas sur la ligne de départ, Mirabel, semblait vouloir demeurer dans le giron bloquiste. Jean-Denis Garon était en bonne position pour succéder à son confrère Simon Marcil, qui quitte la vie politique.