En raison de files d’attente impressionnantes, des Montréalais ont fait le pied de grue pendant près de deux heures avant d’entrer dans certains bureaux de vote du Plateau-Mont-Royal. « Qui a autant de temps dans une journée ? », se sont indignés des électeurs, rencontrés sur les lieux par La Presse.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

Vers 22 h 30, plusieurs électeurs de Laurier-Sainte-Marie étaient consternés par les files d’attente du bureau du Centre du Plateau. Denis Rouleau, le dernier en file, raconte avoir essayé à huit reprises de venir voter durant la journée. « C’est ridicule », a-t-il laissé tomber. Devant lui, Alyssa Herzig abondait en ce sens. « Mais qui a autant de temps dans une journée ? », s’est-elle désolée. Cette dernière a souligné que ce temps d’attente nuisait à l’accessibilité du vote pour les électeurs âgés ou ceux avec des enfants.

Sur le point d’entrer dans le bureau de vote du Centre du Plateau, Louis-Frédéric Gaudet a raconté avoir attendu « plus d’une heure et demie ». Vers 22 h 30, la file s’étendait jusqu’à l’arrière du bâtiment, où une employée était chargée de refuser les électeurs arrivés après 21 h 30. « Les mauvaises nouvelles, c’est moi », a rigolé Edna-May MacKenzie. Cette dernière raconte que certains citoyens ont dû faire le tour « plusieurs fois », parce qu’ils ne trouvaient pas le bout de la queue.

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Longue file d’attente après 21 h 30 au Centre du Plateau dans Laurier-Sainte-Marie.

Plus tôt en soirée, d’autres électeurs de Laurier-Sainte-Marie ont dû s’armer de patience pour exercer leur droit de vote. Aux abords de l’école Laurier, certaines personnes rencontrées ont parlé de temps d’attente pouvant aller jusqu’à une heure.

Trudeau accueilli par des manifestants

Plus tôt dans la journée, vers 11 h, le chef libéral Justin Trudeau s’est rendu aux urnes dans sa circonscription à Papineau, en compagnie de sa famille. Une poignée de manifestants l’attendaient aux abords du centre William-Hingston, en brandissant un drapeau où l’on pouvait lire « Parc-Ex dans la rue ». « Trudeau, Trudeau, on veut des logements sociaux », ont crié des membres du comité d’action de Parc-Extension, au passage du premier ministre sortant.

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Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a voté avec sa famille dans le quartier Parc-Extension.

Amy Darwish, membre du comité, tenait à être présente afin de démontrer son « insatisfaction face aux engagements de Justin Trudeau ». Cette dernière a affirmé que le plan des libéraux pour le logement abordable est « complètement inexistant ». « Plusieurs locataires du comté sont mal logés et font face à des évictions », a-t-elle soutenu. Mme Darwish demande un engagement de trois milliards par an de la part du gouvernement, afin de soutenir la construction de nouveaux logements sociaux.

En faisant la queue pour aller voter, Justin Trudeau a affirmé se sentir « très bien » en cette journée de vote. Mais l’impatience se faisait toutefois sentir chez certains électeurs présents. « Je viens d’abandonner, c’est trop long », a lancé Richard Létourneau, en racontant avoir attendu 20 minutes. « Je vais peut-être revenir plus tard, mais là ça n’a pas de bon sens », a ajouté ce dernier.

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Sophie Grégoire, l’épouse de Justin Trudeau, attend devant un bureau de vote à côté de sa fille.

« Perte de temps et d’argent »

Au bureau de vote de la rue Molson, dans la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie, les électeurs ont dit être agréablement surpris du peu de temps d’attente sur l’heure du midi. Mais pour Éric Labranche, rencontré à sa sortie du bureau, ces élections sont une « perte de temps et d’argent épouvantable ». « Ça va tourner autour des deux mêmes partis, comme d’habitude », s’est désolé ce dernier.

Dans Laurier-Sainte-Marie, Marc-André Sauriol attendait d’aller « voter pour les rouges », sous le soleil cuisant du début d’après-midi. Ce dernier dit ne pas avoir suivi les élections cette année, mais tenait à exercer son droit de vote. « Je le fais plus comme une tâche que par plaisir », a-t-il admis.

Un peu plus loin dans la file, Lise Bertrand et Robert Desmarteau attendaient leur tour. Comment se sentent-ils en ce jour de scrutin ? « Il fait beau », a plaisanté M. Desmarteau. « On essaie de se convaincre de la pertinence des élections », a-t-il ajouté sur un ton plus sérieux.

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Bureau de vote sur la rue Atateken, près du boulevard De Maisonneuve.

En journée, des problèmes ont été signalés en lien avec l’outil de recherche du site web d’Élections Canada, qui permet de savoir à quel bureau se rendre en indiquant son code postal. L’agence a indiqué que les électeurs pouvaient se référer à leur carte d’information ou les appeler directement.

Avec La Presse Canadienne