(Ottawa) Le Parti libéral a repris du poil de la bête au cours des derniers jours, selon des sondages menés par les firmes Nanos et Mainstreet. Les deux voient les troupes de Justin Trudeau devancer celles d’Erin O’Toole, par environ 34 % contre 30 %.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Si l’aiguille a bougé à l’issue de cette semaine ponctuée de deux débats, il faudra suivre ses oscillations au cours des prochains jours, afin d’avoir une meilleure idée de l’humeur des électeurs.

Car le coup de sonde de Nanos, par exemple, a été mené de mercredi à vendredi inclusivement, note en entrevue Philippe J. Fournier, créateur du site d’agrégation de sondages 338Canada.

Ainsi, la pleine mesure des sorties du premier ministre François Legault, qui a appelé de ses vœux un gouvernement conservateur minoritaire, et de l’affront qu’a encaissé au débat en anglais le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ne s’y traduit peut-être pas, d’après lui.

On devrait avoir une meilleure idée lundi prochain.

Philippe J. Fournier, créateur du site d’agrégation de sondages 338Canada

Le professeur de physique du cégep de Saint-Laurent rappelle qu’une sortie comme celle de François Legault, « on n’a pas vu ça souvent de notre vivant ». Il faudra donc voir quels en seront les impacts, souligne-t-il.

Il y a deux semaines, les conservateurs devançaient les libéraux d’environ trois points de pourcentage, selon un sondage Nanos (33,3 % contre 30,8 %). Pour ce coup de sonde comme pour le plus récent, la marge d’erreur est de plus ou moins 2,8 %. Bref, on est au coude-à-coude.

Mais concrètement, un écart de deux points de pourcentage entre les deux partis a un impact considérable en termes de sièges – en Ontario, « si les conservateurs en perdent deux et que les libéraux en gagnent deux, on parle de 25 sièges [sur 121] qui pourraient changer de camp », indique M. Fournier.

Le Parti populaire progresse

Le Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier a gagné du terrain depuis le début de la campagne.

L’appui à sa formation populiste, antivaccin, qui relaie certaines théories du complot, a grimpé et se situe généralement autour de 6 %. Avec ce niveau de soutien, l’ancien député de Beauce aurait pu être invité au débat des chefs.

On ne s’attend pas à ce que le PPC remporte des sièges au pays, pas plus qu’en 2019.

Cela dit, en Beauce, la lutte pourrait être serrée entre l’ancien conservateur et son rival conservateur, l’élu sortant Richard Lehoux. « Mais je vais vous dire on the record que je ne pense pas qu’il va gagner. Je vois sa formation monter partout au pays, mais je vois Maxime Bernier descendre en Beauce », affirme Philippe J. Fournier.

Sondages ou pas, le vote par anticipation a débuté vendredi dernier, et il se poursuit jusqu’à lundi prochain.