Le débat en anglais a donné lieu à de vifs débats, jeudi, notamment en matière d’environnement, de réconciliation et de lois québécoises. Quels ont été les passages les plus importants de ce troisième affrontement ? La Presse vous propose une liste, en mots et en images.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Trudeau, un « vrai féministe » ?

Chez les verts, la cheffe Annamie Paul a durement attaqué Justin Trudeau dès le départ, en affirmant qu’elle « ne croit pas que M. Trudeau est un vrai féministe ». « Un féministe ne pousse pas les femmes en dehors de son parti », lui a-t-elle dit, en citant les cas très médiatisés de Jane Philpott, Jody Wilson-Raybould dans les dernières années. Mme Paul répondait ainsi au chef libéral, qui devait « avoir pris plusieurs mesures » pour s’attaquer aux violences sexuelles, surtout à l’endroit des femmes, dans l’armée.

Blanchet talonné sur la loi sur la laïcité

Yves-François Blanchet a été talonné dès le départ sur le racisme systémique et la « loi 21 » et le projet de loi 96, que l’animatrice Shachi Kurl n’a d’ailleurs pas hésiter à qualifier de « discriminatoires ». « Vous pouvez répéter autant de fois que vous voulez que ces lois sont discriminatoires. Nous disons qu’elles sont légitimes et qu’elles s’appliquent sur le territoire québécois », a répondu le bloquiste, en soutenant que la loi reflète « les valeurs » des Québécois. Plus tard, lorsqu’une journaliste lui a demandé ce qu’il ferait pour lutter contre le racisme systémique au Québec, M. Blanchet a dit avoir « reconnu l’existence du racisme systémique », mais déploré que l’expression soit « devenue un outil politique » pour traiter les Québécois de racistes.

Singh n’épargne pas les libéraux

Alors que les débats entourant la réconciliation étaient bien entamés, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a décoché une flèche bien sentie vers Justin Trudeau. « Comment voulez-vous restaurer la confiance quand vous avez un premier ministre qui s’agenouille un jour, puis qui emmène des enfants autochtones devant la Cour ? », a-t-il lancé, en faisant ainsi référence à la contestation récente du gouvernement Trudeau de deux décisions du Tribunal canadien des droits de la personne sur des enfants autochtones retirés à leurs familles. « Vous aimez cette ligne. Mais ce n’est pas la réalité », lui a répondu M. Trudeau, pour qui la démarche avait simplement pour but de fixer le juste niveau de compensations.

O’Toole et le pétrole canadien

Lorsque questionné sur ce qu’il ferait pour réduire les émissions de GES et les subventions pétrolières, le chef conservateur Erin O’Toole a indiqué que « le secteur des ressources naturelles » canadien est un « chef de file en matière de gouvernance environnementale ». Il a toutefois prévenu que la production du pétrole et d’autres ressources devait continuer au Canada, du moins pour le moment. « Chaque fois que des ressources canadiennes sont retirées de la chaîne d’approvisionnement mondiale, savez-vous qui comble cette lacune ? L’Arabie saoudite, le Venezuela, la Russie », a-t-il insisté.

Rééquilibrer ou pas le budget ?

C’était une question prévisible pour Justin Trudeau : que dites-vous aux futures générations qui craignent de ne pas être en mesure de payer vos dépenses ? Alors que la plateforme libérale entraînera des nouvelles dépenses de 78 milliards, le chef libéral s’est de nouveau justifié jeudi par le fait qu’il faut être « ambitieux » pour sortir de la pandémie. « Il est important de rester fiscalement responsable », a-t-il toutefois néanmoins dit, en refusant de se prononcer à savoir s’il est important pour lui d’équilibrer le budget, comme l’a promis Erin O’Toole, qui veut le faire dans la prochaine décennie.