La candidate libérale dans Outremont, Rachel Bendayan, dénonce les contradictions dans les propos d’Erin O’Toole, l’invitant à modifier sa plateforme électorale sur les armes d’assaut ou à s’excuser auprès des Canadiens pour « ses mensonges jeudi soir lors du débat de TVA ».

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse
La Presse canadienne

« Aujourd’hui, Erin O’Toole a fait semblant de revenir en arrière sur ses intentions de légaliser les armes d’assaut. La réalité est que c’est totalement faux », a affirmé la candidate libérale dans Outremont, Rachel Bendayan, dans une conférence de presse dimanche après-midi.

Lors du débat en français de TVA, jeudi dernier, le chef conservateur Erin O’Toole a promis de maintenir l’interdiction des « armes d’assaut », ce qui semblait contredire sa plateforme électorale.

Dans leur plateforme, les conservateurs soutiennent vouloir abroger la loi resserrant le contrôle sur les armes à feu et le décret qui interdit plus de 1500 modèles d’armes d’assaut de style militaire.

Pour une troisième journée d’affilée, la question des armes à feu est revenue hanter la campagne conservatrice. Dimanche, O’Toole a pris ses distances avec le programme de son parti en annonçant non seulement qu’il maintiendrait l’interdiction sur les fusils d’assaut, mais aussi qu’il n’abolirait pas le décret adopté en mai interdisant certains types d’armes à feu.

Toutefois, M. O’Toole garde le cap en affirmant qu’il lancerait un processus visant à réviser la classification des divers types d’armes, disant vouloir « sortir la politique des enjeux [entourant] les armes à feu ». Il a aussi refusé de dire ce qu’il adviendrait de ces interdictions spécifiques après la révision de la classification.

« Il s’est levé aujourd’hui pour dire quelque chose alors que, noir sur blanc dans la plateforme conservatrice, ça dit tout à fait le contraire », a affirmé Mme Bendayan. La candidate libérale demande au chef conservateur de modifier sa plateforme électorale sur les armes d’assaut ou de s’excuser auprès des Canadiens pour « ses mensonges jeudi soir lors du débat de TVA ».

M. O’Toole a notamment accusé son rival libéral, Justin Trudeau, d’avoir divisé le pays sur la question des armes à feu. « Il a diabolisé les fermiers, les chasseurs et les tireurs sportifs tout en ignorant les véritables problèmes que sont l’augmentation de la contrebande d’armes illégales et des activités des gangs de rue », a-t-il déclaré.

Entente secrète

Plus tôt dimanche, M. Trudeau avait accusé M. O’Toole d’avoir conclu une « entente secrète » avec le lobby des armes à feu pendant sa course au leadership.

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS

Le chef libéral Justin Trudeau

« Erin O’Toole a fait une entente secrète lors de sa course au leadership […] et maintenant il est dans une situation difficile où il a fait une promesse à certains de ces groupes d’intérêts, ces groupes de défense des armes à feu, et en même temps, il tente de faire croire aux Canadiens que ce n’est pas le cas », a soutenu M. Trudeau.

« Si vous voulez une preuve supplémentaire de l’allégeance et de l’engagement de M. O’Toole et du fait qu’il travaille pour ce lobby des armes à feu, le principal lobbyiste de l’Association canadienne des armes à feu, Fred DeLorey, est maintenant son directeur de campagne », a affirmé le candidat libéral dans Scarborough-Sud-Ouest, Bill Blair.

Le groupe de défense des victimes de la tuerie de Polytechnique, PolySeSouvient, a aussi dénoncé le lien entre les conservateurs et le lobby des armes à feu. « L’idée [qu’Erin O’Toole] veuille retirer la politique du dossier du contrôle des armes à feu est singulièrement ironique étant donné l’histoire d’amour entre le Parti conservateur et tous les principaux groupes pro-armes au Canada, sans oublier le rôle que leurs membres ont joué pour faire élire monsieur O’Toole à la tête du parti », a déploré le groupe.

Les promesses du jour

Erin O’Toole a promis dimanche d’embaucher 200 nouveaux agents de la Gendarmerie royale du Canada pour lutter contre les gangs et la contrebande de drogue et d’armes à feu.

M. O’Toole a déclaré qu’il considérait le crime organisé et les armes à feu introduites par contrebande au Canada depuis les États-Unis comme les véritables causes de la violence armée.

Il souhaiterait déployer les nouveaux gendarmes dans la région du Grand Toronto et dans les basses-terres continentales de la Colombie-Britannique.