De passage à Granby lundi, le chef libéral Justin Trudeau s’est engagé lundi à investir un milliard de dollars sur dix ans pour renforcer la protection des plus importants cours d’eau douce au pays, dont le fleuve Saint-Laurent.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Stephen Harper avait protégé moins de 1 % de nos zones marines et côtières. Mais au cours des six années qui ont suivi, nous avons augmenté ce chiffre à 14 %. On est en chemin vers l’atteinte de 30 % », a souligné M. Trudeau lors d’une mêlée de presse à Granby en début de journée, flanqué du candidat libéral pour Shefford, Pierre Breton, et du candidat libéral pour Laurier—Sainte-Marie, Steven Guilbeault.

Le premier ministre sortant affirme qu’il est « vital de protéger nos lacs » et nos cours d’eau, surtout quand on sait que « les Grands Lacs, d’où part le fleuve Saint-Laurent, sont la source d’eau portable pour un Canadien sur quatre », a-t-il dit.

En plus des investissements annoncés, M. Trudeau a promis de « moderniser la Loi sur les ressources en eau du Canada, qui a plus de 50 ans », pour tenir compte de la réalité des changements climatiques et y inclure les droits des Autochtones sur l’eau, notamment. Les partenaires et communautés seront impliquées dans l’exercice, a-t-il aussi assuré.

Tel qu’annoncé dans le dernier budget, les libéraux vont aussi ouvrir et financer une Agence canadienne de l’eau en 2022 pour renforcer et coordonner les efforts fédéraux de protection de l’eau douce. Ils promettent également d’injecter 37,5 millions pour les travaux de recherche menés par l’organisme International Institute for Sustainable Development.

Le Bloc à nouveau ciblé

Ministre sortant du Patrimoine et militant écologiste pendant plus de 20 ans, Steven Guilbeault a maintes fois reconnu que le gouvernement libéral « peut faire plus ». « Il reste des choses à faire, mais le Parti libéral a fait des pas de géant », a-t-il réitéré lundi, en affirmant qu’Ottawa investit maintenant « deux fois plus dans l’économie verte » que dans les combustibles fossiles.

Il y a des partis qui vont vous promettre la lune en sachant très bien qu’ils n’ont pas de plans, qu’ils n’ont pas de moyens et qu’ils ne pourront pas arriver à atteindre les objectifs qu’ils se fixent. Et souvent, ces objectifs-là, ils sont très vagues.

Steven Guilbeault, candidat dans Laurier-Sainte-Marie

Steven Guilbeault a ensuite repris ses mêmes angles d’attaques qu’en 2019 pour s’en prendre directement au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. « Lorsqu’il était ministre de l’Environnement, M. Blanchet a contourné le BAPE pas une fois, pas deux fois, mais trois fois, ce qu’aucun autre ministre de l’Environnement dans l’histoire du Québec n’a fait », a-t-il souligné, en faisant notamment référence au projet de forages sur l’île d’Anticosti, qui n’a finalement jamais eu lieu.

À ses côtés, Justin Trudeau, lui, s’en est pris aux « contradictions » du chef bloquiste, en faisant référence aux propos des derniers jours de M. Blanchet, qui disait voir un potentiel « écologique » au troisième lien à Québec. Le principal intéressé a tenté de se dissocier de ses propos, en disant que sa position était la sienne et qu’elle ne représentait pas celle du parti. Mais le mal était fait, puisque des bloquistes et des péquistes ont exprimé un malaise sous le couvert de l’anonymat.

M. Trudeau, lui, a eu à s’expliquer sur la contradiction entre l’achat par son gouvernement du pipeline Trans Mountain pour 4,7 milliards et sa volonté de protéger l’environnement. « On est encore dans un monde qui dépend du pétrole. Notre responsabilité est de s’assurer qu’on est en train de diminuer. […] Je sais qu’il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec la décision d’acheter un oléoduc et d’investir tous les profits dans un virage vert, mais je l’assume. Être au gouvernement, ça exige des choix difficiles et parfois, des choix impopulaires », s’est-il justifié.

Trudeau courtise les électeurs du Nunavut

De passage à Iqaluit, au Nunavut, Justin Trudeau a fait campagne avec sa candidate Patricia Jane Angnakak. Elle tente de succéder à Mumilaaq Qaqqaq, recrue néo-démocrate qui a décidé de ne pas se représenter.

« Comprendre le Nunavut, comprendre le nord est la seule façon de comprendre correctement le Canada et tous les Canadiens », a déclaré M. Trudeau, aux côtés de la candidate Angnakak et de son candidat montréalais Marc Miller.

Les libéraux promettent d’investir deux milliards de dollars sur quatre ans dans le logement pour les Premières Nations, les Inuits et la Nation métis. De cette somme, 360 millions de dollars soutiendront les besoins spécifiques des Inuits.

Les libéraux promettent également 1,4 milliard de dollars supplémentaires pour une stratégie de santé mentale pour les peuples autochtones spécifiquement. Cette promesse s’ajoute à un engagement déjà annoncé de quelque 600 millions.

Avec La Presse Canadienne