Miser sur les transferts en santé, la condition de vie des aînés et la pénurie de main-d’œuvre, c’est le pari que prend Yves-François Blanchet. Le Bloc québécois a dévoilé dimanche sa plateforme et les grandes orientations du parti, après leur adoption lors d’une réunion du conseil général du parti à Saint-Hyacinthe.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est toutefois resté vague sur les détails de la plateforme. « On va être plus précis sur chacune des propositions de la plateforme dans des journées bien précises et thématiques qui viendront avec le poids financier de chacun de ces engagements », a-t-il déclaré en après-midi dimanche.

Le principal cheval de bataille du parti : les transferts en santé. Le Bloc souhaite augmenter les transferts en santé, jusqu’à couvrir 35 % des coûts des soins de santé. Il compte également soutenir, par crédit d’impôt, les soins à domicile. Le parti demande que les prestations spéciales de l’assurance-emploi pour les personnes malades atteignent 50 semaines.

Afin de se préparer à la sortie de la pandémie, le Bloc demande la suspension de la Prestation canadienne de relance économique (PCRE), ainsi que des mesures pour encourager le retour au travail des aînés qui le souhaitent, afin qu’ils ne soient pas pénalisés sur le plan fiscal. Le parti souhaite aussi proposer une réforme globale de l’assurance-emploi et soutenir les entreprises saisonnières, qui ont été particulièrement touchées par la crise sanitaire.

Le chef du Bloc promet également son soutien aux aînés. M. Blanchet demande l’augmentation de la pension mensuelle pour tous les aînés, dès 65 ans.

Une péréquation verte

En environnement, le Bloc propose l’instauration d’une péréquation verte pour récompenser les provinces qui luttent avec efficacité contre les changements climatiques.

C’est pour que les provinces qui polluent le plus paient en fonction de leur manque de volonté d’en faire plus dans la lutte aux changements climatiques, et pour que le Québec, qui en fait beaucoup et qui a déjà amorcé sa transition vers des énergies plus vertes, reçoive sa juste part.

Simon Marchand, candidat bloquiste dans Hochelaga

Le Bloc veut que le gouvernement fédéral négocie une exemption avec les États-Unis pour permettre aux entreprises québécoises spécialisées dans l’économie verte de profiter des occasions d’affaires offertes par le plan de relance du président Joe Biden.

Le Bloc québécois souhaite aussi soutenir la transition vers les énergies vertes en proposant des investissements massifs dans l’innovation écologique, les changements technologiques ainsi que la recherche et développement dans toutes les régions du Québec.

« Nos ressources naturelles, notre énergie propre, notre transformation sur notre territoire à partir de nos centres de recherche […], ça n’existait pas autre qu’en germe dans le programme de 2019. Aujourd’hui, c’est au cœur de ce qu’on dépose », a déclaré M. Blanchet.

L’image du Québec

« Le Bloc québécois lancera une campagne de promotion de l’image du Québec dans le monde et un effort diplomatique pour assurer la présence internationale de notre nation », peut-on lire dans la plateforme électorale. Le parti s’opposera également aux comportements dénigrant le Québec.

M. Blanchet exige notamment que le gouvernement fédéral cesse de financer des contestations judiciaires des lois québécoises, par exemple la Loi sur la laïcité de l’État.

Dans la plateforme rendue publique dimanche, le Bloc ne fait aucune mention de l’indépendance. Pour dissiper l’ambiguïté, le chef bloquiste a tenu à livrer un plaidoyer pendant son discours final.

Chaque fois que le Bloc québécois continuera à renforcer l’Assemblée nationale du Québec, il contribuera à renforcer l’idée d’indépendance du Québec. Sans l’idée d’indépendance du Québec, comme beaucoup d’entre vous, je ne serais pas ici.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Réconciliation

Plus tôt dimanche, le chef a évoqué en sourdine la débâcle du Bloc en 2015, qui a mené à l’arrivée de sa prédécesseure Martine Ouellet, à des querelles et à la quasi-disparition du parti.

« On a eu nos moments, mais maintenant, je crois que le Québec s’est bel et bien réconcilié avec le Bloc. […] Cette modestie qui a aidé à la réconciliation doit durer. Nous devons mériter chaque vote. Les Québécois ne sont pas obligés de voter pour le Bloc. Nous devons leur en donner le goût », a déclaré Yves-François Blanchet.

Les bloquistes détiennent actuellement 32 sièges. Les libéraux en ont 155, dont 35 au Québec. Le Bloc souhaite obtenir 40 sièges aux prochaines élections.

M. Blanchet a laissé entendre que le Bloc est en « meilleure position que jamais pour protéger les Québécois contre une majorité libérale » aux Communes à la suite du scrutin du 20 septembre.

10 propositions du Bloc québécois

  • Abolir la Loi sur les Indiens
  • Proposer des peines mieux adaptées et plus sévères pour les crimes liés à la violence familiale
  • Devenir plus autonome quant à la production vaccinale
  • Mettre fin aux passages irréguliers à la frontière canado-américaine
  • Créer un impôt supplémentaire spécial sur les grandes fortunes
  • Exiger un contrôle accru de la circulation d’armes et de pièces d’armes illégales aux frontières
  • Abolir la fonction de gouverneur général
  • Exiger la fin des subventions aux énergies fossiles
  • Éliminer les pesticides de la famille des néonicotinoïdes
  • Soutenir le développement économique de chaque région du Québec

Avec La Presse Canadienne